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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 00:35
L'Europe des confusions - Mon bouc-émissaire bien-aimé

-Hervé ! Lâche ton ordi... Tate et sa femme arrivent dans un quart d’heure…

Maman a fait de gros yeux ronds menaçants et Papa a lâché l’ordi à contrecœur. Il était très contrarié parce qu’il venait de passer une heure à trafiquer une photo de lui sur Protoshop : il m’avait expliqué qu’il voulait faire croire à un monsieur autoritaire (un « directeur de publication ») à qui il devait rendre un article depuis dix jours qu’il était coincé en Corée du Nord par les autorités, qu’on lui interdisait d’écrire, que c’était déjà un miracle qu’on lui ait donné accès à son mail et qu’on ne le laisserait rentrer dans son pays qu’une fois qu’il aurait écrit un manuel nord-coréen de droit international. Le problème, c’est qu’il n’arrivait pas bien à incruster une photo de lui sur un décor de Pyongyang et que le résultat n’était pas très convaincant. Papa élaborait des mensonges dignes des films d’espionnage quand il était en retard sur ses articles.

-Viens par ici Raoul, a fait Maman en apparaissant comme par magie devant moi.

Pendant qu’elle m’étouffait avec le col d’une chemise toute neuve, je lui ai demandé si je pourrais avoir du Pampsy ou du Kikoo Cola pendant le dîner avec son patron. Elle a répondu que je n’aurais que du jus d’orange comme les enfants bien éduqués et que Papa était prié de ne jamais avoir de « verre de vin d’avance » sur le patron. Papa a pesté. A chaque fois que le patron de Maman, Alfred, et sa femme Louise, viennent manger à la maison, Maman devient très autoritaire et on se tient à carreau, sinon elle nous le fait payer pendant trois semaines en mélangeant les documents de mon Papa et en me donnant des devoirs supplémentaires terribles en géométrie de niveau CM2. Maman n’est pas méchante mais Papa me dit parfois que c’est une « sorcière bien-aimée », comme dans la série télé, et que même si elle n’utilise pas ses pouvoirs en public, il ne faut pas trop la chercher. Parfois j’ai envie de le croire, surtout qu’elle apparaît très rapidement derrière moi quand je fais des bêtises.

-Pas de polémique sur l’actualité, par pitié, Hervé, a dit Maman.

-C’est pas mon genre, a répondu Papa en posant les couverts sur la table de façon prudente, comme s’il était visé par un sniper invisible qui serait installé sur la commode. Enfin, faut dire que Louise Tate a une vision particulière… de la vie.

-Je ne vois pas ce que tu veux dire, a menti Maman.

La dernière fois, la femme du Patron a lancé Papa sur les réfugiés et lui a dit qu’elle ne comprenait pas pourquoi on ne s’occupait pas plutôt des gens français qui « squattent » le métro et les centres commerciaux. « Le premier devoir de l’Etat », elle avait dit, était de permettre aux « nécessiteux » de se laver et de leur fournir du shampooing et du déodorant « à foison ». « Ainsi, en plus d’être propres », ils n’auraient plus la culpabilité « d’indisposer » les autres et de « troubler l’ordre public olfactif ». Elle avait fini en disant que c’était ça le « contrat social ». Je n’avais pas compris la moitié des mots mais Maman avait froncé le nez et Papa était resté silencieux comme si elle l’avait fait taire par sorcellerie. Puis ça avait parlé de rêve européen, de concert européen, d’esprit européen et de « Grexit ».

Le patron et sa femme sont arrivés quelques minutes plus tard. On était au garde à vous, et Maman avait rangé tous les livres de Papa dont les titres étaient polémiques, comme celui sur les droits de l’homme ou sur la Cour pénale internationale. Papa a servi l’apéritif et Louise a parlé tout de suite de l’Europe car Maman avait oublié de cacher un livre sur la « Charte des droits fondamentaux ». A partir de ce moment-là, Maman a bu son vin très vite et a essayé plusieurs fois de lancer des discussions sur le réchauffement climatique ou la « CoP 21 », mais ça n’intéressait personne (la maîtresse nous en a parlé à l’école, je croyais que c’était une nouvelle console de jeux).

-Vous vous y connaissez en droit européen vous ? a demandé Louise.

-Je suis internationaliste mais les européanistes font partie de notre secte, a répondu Papa d’un air mystérieux, tout en se tenant à carreau.

Parfois, les copains européanistes de Papa viennent à la maison. Je les aime bien, ils me ramènent des drapeaux et des crayons qu’ils ont empruntés à la Commission européenne. Ils font le même travail que Papa (ils martyrisent des écoliers qui ont l’air d’avoir beaucoup redoublé vu qu’ils sont toujours à l’école) mais certains deviennent très susceptibles quand il sort des grandes phrases comme « L’Union européenne est une organisation internationale comme une autre », ou « Le droit européen est l’enfant prodigue du droit international ». Les copains européanistes se vengent en utilisant plein de mots compliqués comme FRONTEX, PESC, TFUE, TUE et tout le monde commence à se disputer. Papa finit par s’excuser… mais dès qu’ils sont partis il me dit que l’Union européenne est une organisation internationale comme une autre.

-C’est qu’avec l’affaire Vincent Lambert, on voit tout de même à quel point Bruxelles nous dicte la conduite que l’on doit adopter, a dit Louise alors qu’on avait bougé vers la table pour manger. Je vous le dis mon cher Hervé, je n’ai rien contre le droit européen mais le problème me semble global : notre souveraineté est en jeu.

-Ah, Louise…, a fait Alfred d’un air presque amusé. Tu ne vas pas gâcher le repas en lançant tout de suite le débat ?

-Je profite d’avoir un ex-pert en face de moi pour demander un éclairage, a répondu Louise en articulant comme si elle avait des petits pois dans la bouche. Je ne suis pas souverainiste non plus, mais quand on voit les conséquences de l’arrivée massive des migrants sur le territoire européen, on est en droit de s’interroger sur l’adéquation de l’ensemble du système.

L’adéquation avait l’air d’être une opération encore plus compliquée que la multiplication mais Alfred a rigolé (Maman l’a imité). Je me suis assis à ma place et je me suis tenu à carreau pendant que Papa ouvrait nerveusement une bouteille de vin très chère. Il m’avait expliqué qu’avec le prix de cette bouteille on aurait pu s’acheter un nouveau jeu vidéo. Pourtant, il avait l’air de vouloir la boire très vite.

-Oh, vous savez Louise, il ne faut pas tout mélanger, a-t-il fini par dire alors que la discussion continuait. Il faut commencer par dissiper les confusions. Gardons la question de la souveraineté pour tout à l’heure (Maman a prié en silence) : vous ne pouvez pas mettre l’affaire Vincent Lambert et l’Union européenne dans une même phrase. Le Conseil de l’Europe et l’Union européenne sont deux organisations distinctes.

Là, il a commencé à utiliser des serviettes, la salière, la poivrière et des couverts pour faire des « visuels » sur un bout de la nappe. Maman a eu l’air contrarié comme la fois où il avait utilisé son nécessaire à maquillage pour reproduire en 3D la pyramide des normes de Kelsen.

-Le Conseil de l’Europe n’a rien à voir avec l’Union européenne, a martelé Papa. Ce sont des organisations internationales différentes, elles ont des missions différentes et n’ont pas les mêmes membres. Le Conseil de l’Europe compte actuellement 47 membres et l’Union européenne en a 28, a expliqué Papa en faisant des grands mouvements.

-Ah mais le Conseil de l’Europe n’est pas un élément de l’Union européenne ? a fait Louise, vraiment étonnée.

-Absolument pas. Dans les grandes lignes… c’est comme si vous envisagiez de comparer deux clubs de sport différents : football et rugby. Il est vrai que certains adhérents au premier club se sont également inscrits au second mais vous n’iriez pas demander à un rugbyman de faire une passe en avant. Ou à un footballeur de jouer avec les mains. Le Conseil de l’Europe est une organisation qui siège à Strasbourg. Il a été créé par le traité de Londres du 5 mai 1949. L’Union européenne qui siège à Bruxelles est née pour sa part en 1957 avec le traité de Rome, mais l’on ne parle réellement d’« Union européenne » que depuis 1992 (avec le traité de Maastricht). Avant, on parlait de(s) Communauté(s).

-Oh, a fait Louise d’un air constipé.

-Et lorsque l’on parle d’« Europe », on fait le plus souvent référence à la réalité géographique : le continent, pas l’une de ces deux organisations ! Il faut faire attention à ne pas brûler la mauvaise sorcière sur le bûcher.

Louise a hésité à toucher à sa burrata. Moi aussi parce que Papa a parlé de brûler une sorcière et je me suis demandé si Maman avait eu des soucis plus tôt dans sa vie. J’ai fait une grimace et Maman m’a regardé avec une drôle de tête. Heureusement qu’on ne brûle plus les sorcières de nos jours. Je crois.

-Il ne faut pas non plus confondre les juridictions européennes, a ajouté Papa. La Cour de Justice de l’Union européenne est au Luxembourg. Elle juge le respect du droit de l’Union européenne. Au contraire, chère amie, la Cour européenne des droits de l’Homme est à Strasbourg. Elle juge le respect de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, par exemple le droit au procès équitable ou le droit à la vie. Mais la Cour européenne des droits de l’homme « dépend » du Conseil de l’Europe, PAS DE L’UNION EUROPENNE ! Encore une fois, ce sont deux juridictions trèèèès différentes ! On ne joue pas dans le même club.

-Ah, a fait Alfred.

-Généralement, lorsque les infos parlent d’une juridiction européenne, il s’agit de la Cour européenne des droits de l’homme, même si la Cour de justice de l’UE a eu son moment de gloire auprès du grand public ces derniers jours.

Louise n’a pas eu l’air intéressé par ces explications et a dit qu’elle se demandait si un jour les Turcs, puis les Japonais, deviendraient membres de l’Union européenne vu qu’on y invitait tout le monde comme dans un bal musette. Papa a grogné et a commencé à raconter d’autres trucs sur les organisations européennes et ça m’a rappelé la fois où il était devenu fou au Super U parce que deux dames avec leurs chariots avaient failli se battre quand la première était rentrée de plein fouet dans le chariot de la deuxième. La deuxième avait hurlé à la mort en disant qu’on lui avait cassé le « coq Six ». Un gros et grand monsieur en costume (un vigile, je crois) était arrivé pour les séparer et comme il avait attrapé la deuxième dame un peu trop fort, elle avait menacé de le traîner devant la Cour européenne des droits de l’homme, « voire au-delà ». Papa était intervenu pour lui dire qu’elle ne pouvait présenter ce « type de requête destinée à poursuivre la France pour violations des droits contenus dans la Convention qu’à la condition préalable d’avoir épuisé les voies de recours internes, mais cela peut prendre plusieurs années et surtout le vigile ne peut pas être visé ». La dame avait soupiré au moment où il lui expliquait les « conditions de recevabilité » et avait alors frappé Papa avec un paquet de coquillettes cuisson rapide qui avait explosé. Papa était alors devenu fou et avait crié très fort lui aussi.

Du coup, j’ai eu peur que Louise frappe aussi mon Papa mais j’ai vu Maman le pincer pour lui faire comprendre de se taire et de continuer le dîner. Comme elle a remué le nez, il a eu peur et s’est mis à parler de la CoP21 jusqu’à ce qu’Alfred et Louise rentrent.

 

 

L'Europe des confusions - Mon bouc-émissaire bien-aimé

***

Le lendemain, à l’école, on avait EPS le matin et la prof, Madame Spazzia, est une femme terrible qui ressemble à Zlatan Ibrahimovic avec du maquillage et sans barbe. On a commencé à faire les « voyous » (qu’elle a dit) pendant la balle au prisonnier juste parce qu’au lieu de lancer le ballon, on a voulu utiliser nos chaussures comme projectiles. Madame Spazzia a rugi comme un démon et toute l’équipe bleue (j’en faisais partie) a été forcée de faire quinze tours de gymnase en guise de punition. Les rouges ont rigolé en disant qu’on s’était fait « zlataner ». On est plusieurs à avoir pleuré. George a rappelé que son père travaillait à France Télévisions et que ça finirait au JT des régions mais Madame Spazzia lui a donné cinq tours de plus et il a pleuré lui aussi.

A la récré, on était tous fatigués d’avoir couru et on a voulu se venger. Je me suis souvenu des paroles de Papa et j’ai expliqué aux copains qu’on pouvait porter plainte contre la France, que Madame Spazzia irait en prison comme dans les séries américaines et que ce serait bien fait pour elle. Tout le monde a trouvé l’idée chouette et on a regardé sur Internet comment dénoncer notre pays à la Cour européenne des droits de l’homme grâce au Iphone 6 de George qu’il cachait dans sa trousse durant les contrôles de conjugaison.

 

L'Europe des confusions - Mon bouc-émissaire bien-aimé

-Ca marche pour les enfants et les filles aussi ? Ou alors faut aller devant une autre Cour pour les femmes et les enfants ? a demandé Linda.

-Ils s’en fichent tant qu’on est dans un pays qui a signé la Convention, j’ai répondu. La plainte peut même venir d’un autre pays mais mon Papa a dit que ça arrive qu’à la Saint-Glinglin.

-Ma mère dit que l’Union européenne ne sert à rien et que de toute façon c’est Angelina Merkel qui contrôle tout, a dit George.

-Tu veux pas plutôt dire « Angela » ? a demandé Boris.

-Qui t’a sonné toi ? a dit George, fâché.

-Arrêtez, je me concentre ! j’ai râlé.

On a trouvé le site du Conseil de l’Europe, puis celui de la Cour européenne des droits de l’homme, et on a vu qu’il y avait plein de « conditions de recevabilité » à respecter avant de pouvoir se plaindre.

-Ca veut dire quoi « conditions de recevabilité » ? m’a demandé Boris.

-Je crois que ça veut dire que si on n’est pas sérieux, ils nous mettront un vent. Genre ils liront même pas notre lettre, un peu comme le Père Noël quand t’as pas été sage. Ta requête est pas recevable et t’auras un pull tout pourri comme cadeau.

-Oulala ! C’est chaud l’Europe, a dit Boris. La mère de George a raison, faut qu’on se casse.

On a trouvé les « conditions de recevabilité » et c’était pire que les consignes de notre dernier contrôle de géométrie. Du coup on a fait une liste pour vérifier qu’on n’oubliait rien, surtout que le site Internet disait que la Cour recevait des milliers de demandes chaque année :

-Est-ce qu’on a subi une violation de la Convention et est-ce qu’on a subi un préjudice suffisamment important? a demandé Linda.

-Moi je dis que oui : c’est l’article 3, l’interdiction de la torture, et puis l’article 4 sur le travail forcé. Ouais, l’article 4 parle de « calamité », ça doit être ça, ça ressemble à Spazzia.

-Et puis l’article 5 sur le droit à la liberté aussi ! Et puis l’article 6 sur le procès équitable ! Elle nous a même pas… euh… procédé équitablement ! Direct, elle nous a punis sans demander pourquoi on lançait les chaussures.

On a trouvé que ça faisait bien et on a continué. Le formulaire disait qu’on devait avoir épuisé toutes les « voies de recours internes ». Le Grand Robert qui passait par là et qui savait souvent beaucoup de choses compliquées (surtout des phrases en latin) a expliqué que ça voulait dire qu’on devait avoir porté plainte devant tous les « degrés de juridictions » disponibles en France et avoir échoué. Mais on s’est mis d’accord avec les copains : même les tribunaux les plus puissants devaient avoir peur de Madame Spazzia et ils ne nous répondraient jamais. Donc on a coché que c’était bon. Pour finir, on a vu que ça faisait moins de six mois qu’on avait été punis par la décision de Madame Spazzia, donc ce « critère de recevabilité » était bon aussi.

-Mais ça va suffire ? a demandé Elise. Ils disent qu’il faut que notre préjudice soit la faute à l’Etat. C’est la faute à la France si on a fait quinze tours de gymnase ?

-Non mais c’est bon, genre, a dit Sofiane qui en avait assez et qui voulait rapidement faire condamner le pays. L’école travaille pour l’Etat. On va les faire couler ensemble !

-Ouais, de toute façon on n’a pas le droit de poursuivre Spazzia devant la Cour vu que c’est une personne… alors on dira que c’est le gouvernement tout entier qui a violé la Convention en la laissant faire et qu’on est préjudicisés.

Tout le monde a voté pour. On a fait une belle lettre parce que le formulaire en ligne avait l’air aussi chaud à remplir qu’une fiche de lecture, on a mis l’adresse indiquée sur le site internet (un Monsieur qui s’appelle « le Greffier » et qui doit être très important parce qu’il vit directement au Conseil de l’Europe) et on a posté ça dans la boîte aux lettres de l’école, tout contents. On a mangé nos Granola qu’on venait de confisquer aux CP et toute la classe était de bonne humeur à la cantine le midi parce qu’on se disait que l’école serait fermée par la Cour européenne et le Conseil de l’Europe le lendemain. Ce serait génial !

Du coup j’ai eu super peur quand Sofiane m’a dit à la récré de l’après-midi qu’il venait de voir mon père arriver à l’école et aller dans la bureau du dirlo. On a tous paniqué et on s’est tenus à carreau mais, bizarrement, les maîtres et les maîtresses avaient l’air un peu gêné. Ils étaient super gentils avec nous pendant la récré, comme s’ils avaient eux aussi fait une bêtise. Un grand du CM2A nous a soufflé que Madame Spazzia était partie elle aussi dans le bureau du dirlo et j’ai fini par avoir peur qu’elle « zlatane » mon Papa pour me punir de l’avoir balancée à la Cour européenne.

On a guetté la punition en se disant qu’on allait prendre plein de lignes à recopier mais il s’est rien passé du reste de la journée. La maîtresse a même reporté le prochain contrôle de conjugaison. Nicolas, mon voisin de classe, m’a soufflé qu’on avait peut-être réussi et que, si ça se trouvait, c’était notre dernier jour de classe. Du coup, on s’est tenus à carreau.

J’ai finalement revu Papa qui m’attendait à la sortie de l’école et il rigolait tout seul en envoyant des messages à ses copains sur son téléphone. Quand je lui ai demandé pourquoi ça l’amusait, il m’a répondu que j’avais fait du « sectarisme juridique » et que la maîtresse lui avait demandé de revenir à l’école demain pour expliquer à tout le monde pourquoi il ne fallait pas poursuivre Madame Spazzia devant la « CEDH ». Les maîtres avaient moyennement rigolé en trouvant notre lettre et ils avaient peur que les parents disent sur le JT des régions qu’on avait été torturés en violation de la Convention.

-Mais Madame Spazzia va pas aller en prison ?

-Il ne manquerait plus que le Conseil de l’Europe fasse envoyer des gens au bagne pour quinze tours de stade, a dit Papa.

Papa a rigolé mais moi j’ai pas trouvé ça drôle du tout. On a passé du temps à écrire notre plainte mine de rien. Je lui ai dit qu’on serait très fâchés à l’école, qu’on allait faire une pétition avec toutes les classes pour sortir de l’Europe, que la Cour européenne servait qu’à faire du mal aux gens, comme l’Union européenne d’ailleurs qui nous empêchait toujours de faire ce qu’on veut, que j’utiliserais plus jamais d’euros mais les francs que Papi m’a ramenés l’autre jour et que ce serait bien fait pour Bruxelles et pour le boulanger qui saurait pas quoi faire de mes sous. J’ai ajouté pour l’achever que Louise avait raison depuis le début. Papa a juste souri bêtement et m’a fait monter dans la voiture en disant que je ne savais pas de quoi je parlais mais que j’étais mignon quand même. Il a ajouté que je ne devais rien raconter à Maman, sinon lui et moi on serait obligés de migrer vers la Syrie pour être en sécurité.

Moi je n’aime plus l’Europe.

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Published by Hervé Valoche - dans Droit International
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