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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 15:16

 

chefsetat.jpgGrand désarroi a frappé à ma porte lorsque S.A.S. Selim, l'ancien camarade de lycée de Raoul et désormais entité régnante du Huberistan, a sollicité mon aide pour ce qu'il a qualifié de "petit détail technique". Après m'avoir très brièvement exposé son problème au téléphone, il m'a demandé si je pouvais prendre l'avion (à ses frais) dès le lendemain. N'ayant pas un programme particulièrement chargé du fait du report d'une conférence malaisienne (et après validation conjugale) je l'ai rappelé pour accepter.

 

Je n'imaginais pas que mon acquiescement m'entraînerait dans un festival de cas d'école propre à faire pâlir les enseignants en droit international et à créer le cas pratique le plus cauchemardesque de toute l'histoire.

 

(Note aux chargés de saké : vous êtes priés de ne pas prendre ceci comme une incitation à utiliser l'article pour créer un exercice des plus sournois. D'ailleurs, je me réserve l'usage d'un tel cas le jour où je voudrai à nouveau torturer de jeunes étudiants).

 

Les évènements qui suivent se déroulent au Sommet du G24, organisé dans la capitale du Huberistan, Citaïsalak.

 

 

 

 

J'ai forcé Raoul à quitter son lit et l'ai emmené avec moi afin qu'il cesse de singer Bridget Jones : son passe-temps favori à cette période était d'offenser Mariah Carey en geignant ad vomitam sur "Always Be My Baby", conséquence de sa troisième rupture avec la fameuse Anne-Pâquerette.

 

Les noms n'ont pas été modifiés. Certains faits ont été simplifiés.

 

08:00 – 09:00

Premier voyage sur un vol de la compagnie HuberiFly Lines. Le trajet s'est effectué en classe business, dans un avion plein de journalistes, de membres de la société civile et de cadres venus assister ou participer au sommet du G24. Je me surprends à penser qu'une prise d'otages suivie d'un détournement serait des plus rentables et créerait un sacré problème de conflit de lois vu les différentes nationalités représentées. Heureusement, il y a des conventions internationales qui règlent le problème.

 

Raoul dort comme un bébé.

 

09:00 – 10:00

Après avoir été récupérés à l'aéroport de Citaïsalak par une limousine plus vaste que ma chambre, Raoul et moi sommes chaleureusement accueillis au Palais par le nouveau chef d'Etat, Selim IV. Il s'excuse de la rudesse avec laquelle il nous a conviés et nous fait installer devant un petit déjeuner à faire pâlir d'envie la Reine d'Angleterre.

 

La raison de ma venue est simple : en tant que nation émergente à l'économie florissante, le Huberistan et son jeune leader se sont vus confier l'organisation du sommet du G24 rassemblant tous les grands de ce monde. Selim n'a que trop tardivement constaté l'incompétence de ses conseillers dans ce domaine (l'un d'entre eux a seulement une formation en agronomie) et compte sur moi pour lui servir de soutien diplomatique et juridique.

 

Il file accueillir les délégations de chefs d'Etat sans me laisser le temps d'avaler mon beignet d'asperge. Je regarde d'un œil la liste des leaders attendus et constate que cette journée sera trèèèèès pénible.

 

10:00 – 11:00

Selim doit signer un traité de commerce avec la France pour fixer le cadre légal des échanges entre les deux Etats. J'observe discrètement la procédure en arrière-plan, sans réelle appréhension. Ici les chefs d'Etat ne font que valider une procédure de négociation qui a été gérée par les gouvernements respectifs depuis plusieurs mois.

 

Pour une raison toute légitime, ma présence semble rendre le président français Stanislas Biernaczyk assez nerveux. Il n'a jamais vraiment aimé mes articles, considérant que ceux-ci perturbaient inutilement la population en leur fournissant des données parasites sur le droit.

 

11:00 – 12:00

Raoul a disparu de mon champ de vision depuis 09h45. Le sollicitant par téléphone, il m'indique qu'il a rencontré une jeune femme nommée Priscilla (ce prénom ne m'a jamais inspiré confiance) et qu'il me retrouvera plus tard. Selim, lui, doit rencontrer Madonna dont on sait désormais qu'elle se présente aux élections présidentielles américaines, ainsi que plusieurs ONG de protection de l'environnement.

 

madonna_evita_6_reference.jpg

 

Un collègue présent sur place, Sabrin Rochas m'informe d'un nouveau dérapage des autorités américaines et je décide de profiter d'une conférence de presse improvisée pour cracher mon fiel sur le sujet.

 

12:00 – 13:00

Midi douze. Il était temps de manger, je commençais à mourir de faim. Déjeuner de travail avec les chefs d'Etat et quelques conseillers. Je suis interloqué de constater la présence du dictateur Cesari Plocc, chef d'Etat sanguinaire dont la répression sur le territoire du Ploccland (oui, du nom de ses ancêtres, la dynastie Plocc) est de notoriété publique.

 

Il n'est pas très apprécié par la plupart des leaders réunis ici mais achète des avions de chasse et des iPad à au moins trois Etats ici représentés. Par ailleurs le niveau de développement économique de son pays rend sa présence indispensable.

 

- Je sais que son altesse n'avait pas le choix de le convier mais cette personne ne devrait-elle pas être traînée devant la Cour internationale de Justice pour ses actes? me demande un conseiller huberan.

- Non, la Cour internationale de Justice est réservée aux Etats et n'a pas de compétence pour la responsabilité pénale. Lorsque l'on souhaite poursuivre des individus pour des crimes particulièrement graves, c'est la Cour Pénale internationale qui est compétente. Et encore, seulement pour pallier aux lacunes éventuelles des juges nationaux.

- Le fait qu'il soit chef d'Etat peut-il représenter un obstacle?

- En principe non, d'ailleurs la CPI a déjà émis des mandats à l'encontre de chefs d'Etat en exercice… Avec plus ou moins de succès *cough* Omar El Béchir *cough*

 

Mais la responsabilité pénale est trop complexe pour être traitée aussi brièvement. J'y reviendrai à une autre occasion.

 

13:00 – 14:00

Le déjeuner de travail se poursuit, dans une ambiance un peu plus tendue. Outre la blague très déplacée du président du conseil italien sur la nouvelle poitrine – avérée – de la femme du premier ministre britannique, on apprend qu'un groupe de citoyens huberans ainsi que des ONG sont en train de manifester de façon pacifique contre le sommet du G24.

 

Jusque là, rien de particulièrement gênant et j'enjoins Selim à ne pas déployer trop rapidement la garde urbaine. Il accepte.

 

Les choses s'enveniment lorsque l'on apprend que certains manifestants mènent la marche au son de "Fuck Plocc", "Plo(u)ccard", et autres joyeusetés que le morale m'empêche de reproduire ici. Un drapeau du Ploccland est brûlé devant les caméras et un portrait outragé de façon particulièrement ridicule (je lutte pour ne pas rire).

 

Début de scandale, Cesari Plocc fulmine et frappe du poing sur la table, entraînant le renversement du verre de la chancelière Anke Berger.

 

Il est "suggéré" d'intervenir. J'indique discrètement à Selim que finalement quelques bombes lacrymo ne seraient pas du luxe. Si l'on porte atteinte à l'honneur et à la réputation d'un chef d'Etat étranger sur le territoire du Huberistan, et bien que cela ne soit pas de sa faute, il risque de voir sa responsabilité engagée. Pourquoi? Parce qu'il ne sera pas intervenu afin d'y mettre un terme.

 

14:00 – 15:00

Les conjoints (surtout des conjointes) des chefs d'Etat participent à une "petite" conférence sur la protection des tortues marines, à l'initiative de l'épouse du président français. S'ensuit une "petite" garden party. Celle-ci est particulièrement cocktailisée afin de s'assurer :

1) que les conjoints ne soient pas dans les pattes des chefs d'Etat

2) qu'ils ne se sentent pas délaissés

3) qu'ils soient de bonne humeur

 

Raoul m'apprend qu'il a tenté de s'y introduire en se faisant passer pour le frère de Selim. Le succès espéré n'a, étrangement, pas été au rendez-vous.

 

- Mais j'ai réussi à y entrer quand même, me dit-il.

- Comment as-tu fait?

- Priscilla m'a introduit. C'est la fille d'un certain Cesari Plocc.

 

Ah.

Cool.

 

15:00 – 16:00

Les chefs d'Etat participent à la photographie officielle. Comme d'habitude, certains trouvent le moyen d'entrer dans la postérité.

obama-sarkozy-berlusconi.jpg

J'en profite pour rappeler à Raoul les meilleurs instants de sa vie avec Anne-Pâquerette, histoire qu'il se désintéresse de Priscilla. Tout sauf des dîners de famille avec le clan Plocc.

 

16:00 – 17:00

Pause dans la journée, les chefs d'Etat profitent de leur temps libre. Certains prennent l'apéritif et ne s'assurent pas de l'absence des caméras avant de trinquer. Le souci c'est que lorsqu'on se sert une bière, qu'on en renverse, qu'on est chef d'Etat et qu'on est filmé, on est certain que ça finira sur Youtube. C'est un peu la honte quand même. Le chef d'Etat n'est rien de moins que le représentant de toute une nation. Je comprends que l'on puisse compromettre ceci pour un peu de binouze mais tout de même…

 

 

 

 

 

Damned. Je constate que Priscilla fait partie de ces jeunes femmes qui, lorsqu'elles se réveillent décoiffées et pas maquillées, sont déjà plus belles que Monica Bellucci le jour de l'ouverture du Festival de Cannes. Je n'ai aucune chance de détourner Raoul de sa cible.

 

Je me surprends à penser qu'un barbecue dans le jardin du palais Plocc pourrait être amusant.

 

 

17:00 – 18:00

Conférence de presse. Ce qui devait arriver est arrivé.

 

Le président français Stanislas Biernaczyk a manifestement bu la deuxième bière de sa vie et ne s'en est pas remis. C'est donc passablement enivré qu'il a tout d'abord fait une déclaration d'amour à sa femme (élément tout à fait adéquat et dans la continuité du discours américain sur le tremblement de terre au Tiesgro) ; puis une autre déclaration vibrante annonçant que la France verserait "genre… un milliard d'euros au Tiesgro dans les temps à venir si Dieu le veut" (citation exacte).

 

La chancelière allemande Anke Berger qui se tient près de lui l'observe d'un œil torve. J'ai ricané très fort malgré moi.

 

18:00 – 19:00

Conseil de guerre dans la délégation française, on fait boire beaucoup de café à Biernaczyk. Selim trouve qu'un don d'un milliard serait magnifique pour le Tiesgro mais doute qu'une déclaration suffise à mettre la France dans l'obligation de donner les sous.

 

Je lui rétorque que si cette déclaration réunissait tous les critères de ce que l'on appelle un acte unilatéral, cela suffirait au moins à mettre la France dans la mouise en cas de non versement des sous.

 

Devant son incompréhension c'est Raoul (il a daigné nous rejoindre) qui lui explique qu'une déclaration verbale peut engager, donc contraindre un Etat si :

 

1) Elle émane d'une personne ayant le statut nécessaire pour engager l'Etat : a priori le chef d'Etat, le chef de gouvernement et certains membres du gouvernement, quel que soit leur degré d'intelligence.

 

ET QU'

 

2) Elle a un caractère suffisamment public, c'est-à-dire qu'elle a le potentiel pour atteindre son destinataire, ce à quoi la présence de médias internationaux contribue pas mal, même si le Tiesgro n'a plus d'électricité et peut donc difficilement regarder France 24.

 

ET QUE

 

3) Les termes utilisés dans la déclaration sont suffisamment clairs et précis pour prouver l'intention qu'avait l'auteur de la déclaration d'entraîner l'Etat avec lui dans sa chute… euh, d'engager l'Etat.

 

Etant donné l'état de Biernaczyk lorsqu'il a fait la déclaration, Selim comprend immédiatement mon scepticisme. Puis il s'étonna que Raoul soit devenu aussi érudit en droit international alors qu'il était imperméable à mes leçons dans sa prime jeunesse.

 

Je réalise à ce moment qu'effectivement, Raoul évolue de façon moins défavorable que prévu.

 

19:00 – 20:00

Nouveau dîner de travail. Etrangement formel. Rien d'intéressant à raconter à part une série de regards hautains d'Anke Berger vers Biernaczyk.

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Dans une saison de 24h chrono, ce serait l'épisode inutile attestant du manque d'imagination des scénaristes passé le cap de la saison 6. En même temps il n'y a que les scénaristes de cette série pour nous faire croire que l'on peut vivre un cliffhanger à chaque fin d'heure.

 

Tiens, je croise Madonna dans un couloir! Elle sort un revolver et le pointe sur moi en m'annonçant qu'elle est en fait un agent du Cowaldinistan et que je dois la guider jusqu'à Selim pour qu'elle le tue.

 

Ceci est faux, mais ne serait-ce pas un bon cliffhanger de fin d'épisode?

 

20:00 – 21:00

Selim est en entretien privé avec les leaders des nations émergentes. J'en profite pour passer un long coup de fil à la maison. Ma chère et tendre m'apprend qu'après avoir eu sa grand-mère au téléphone (ma mère) Jacques est survolté. Une histoire de cadeau de Noël. Ma chère et tendre hésite donc à lui donner un peu de Ritaline (à Jacques, pas à ma mère), voire à la claquer (ma mère).

 

Jacques c'est mon deuxième fils. Non, je ne viens pas de le sortir de mon chapeau. Oui, je l'avais déjà évoqué.

 

Comment ça on ne connaît toujours pas le prénom de ma femme? Je l'ai déjà donné, j'en suis certain! Enfin, je crois…

 

21:00 – 22:00

Seconde conférence de presse organisée à la va-vite. Biernaczyk, que désormais tout le monde surnomme en secret "Bière – Naczyk", tempère ses propos précédents en indiquant que la France compte bien apporter un soutien logistique et matériel au Tiesgro pour tenter de "compenser les milliards perdus par le pays".

 

Le président américain Jerry Stanley prend ensuite le micro et met un coup de poignard diplomatique dans le dos français en promettant le versement d'une somme faramineuse au Tiesgro. A la question d'un journaliste sur son incapacité à se servir une pinte de Duss sans se souiller, Stanley nie l'évènement de l'après-midi, suggère que les éventuelles vidéos sont truquées et affirme qu'il n'aurait jamais bu une "bière infecte comme la Duss Beer allemande".

 

À peine a-t-il fini sa phrase qu'un journaliste allemand lui jette ses chaussures à la face, à la grande stupéfaction de tout l'auditoire. L'efficacité des gardes des forces de l'ordre à l'américaine est immédiatement mise en exergue par un plaquage à trois contre un.

 

george_w_bush_shoe_throw01.jpg

 

22:00 – 23:00

"Bière – Naczyk" fait le tour de Twitter, des statuts Facebook, et des médias en général, tout comme la vidéo de Stanley en train de renverser sa bière Duss. Heureusement, la parodie est autorisée aussi bien en droit interne qu'en droit international. Les guignols de l'info ne vont pas las rater…

 

23:00 – 00:00

Plusieurs chefs d'Etat se sont réunis dans une salle de réunion pour regarder un match de  clasico sur écran géant. Je suis officiellement tranquille, du moins je le crois.

 

Sabrin Rochas avec qui je suis en train de siffler des cocktails dans le lounge (accent posh) m'informe de ce que la société Duss Beer établie en Allemagne veut porter plainte contre le président Jerry Stanley.

 

- Ah!? (J'affiche une expression sardonique)

- Ils estiment qu'il a porté préjudice à la réputation de leur produit par sa déclaration de tout à l'heure et veulent le poursuivre devant les tribunaux allemands. Ou poursuivre les Etats-Unis vu que Stanley les représente, explique Sabrin Rochas.

- Ils ne peuvent pas faire ça, affirme un conseiller huberan qui boit avec nous. C'est superfétatoire, ajoute-t-il pour souligner sa formation littéraire.

 

Il ferait un bon juriste lui.

 

- Et surtout les chefs d'Etat et leurs Etats respectifs sont protégés par leur immunité!

- Leur immunité… On ne peut donc poursuivre un chef d'Etat? s'étonne un autre conseiller.

- En tout cas pas devant un tribunal interne d'un autre Etat, quelle que soit son importance. Pour faire simple, il est inconcevable qu'un tribunal allemand reçoive la plainte de Duss contre le président Stanley ou contre les Etats-Unis. Si Duss a réellement subi un préjudice, ce qui me paraît douteux vu que le caractère infect de la bière Duss est notoire, il faudra mettre en œuvre des mécanismes de protection diplomatique : que l'Etat allemand attaque directement les Etats-Unis. Sincèrement, je pense que l'Allemagne aura autre chose à faire. Non, je n'y crois pas.

 

Raoul traverse le hall et se dirige vers moi, tout guilleret. Je crains un instant qu'il n'ait conclu avec Priscilla Plocc.

 

- Une nana en tenue légère était paumée dans l'hôtel, elle ne retrouvait pas l'étage de la délégation italienne. Je lui ai dit qu'on ne la laisserait pas entrer mais comme elle m'a dit qu'elle était attendue et que les gardes du corps avaient pour ordre de la laisser passer, je lui ai dit vers où aller… Elle m'a fait la bise pour me remercier.

- …

- De nos jours les péripatéticiennes entrent dans les sommets mondiaux comme dans une maison close, soupire Rochas.

 

Raoul venait de déclencher ce qui serait plus tard qualifié de LindsayGate, du nom de la prostituée qui avait précipité la chute du leader italien Donatello Corneo.

 

00:00 – 01:00

Fin du clasico. Le résultat manque de déclencher un incident diplomatique et les chefs d'Etat quittent la salle avec leurs escouades de gardes du corps.

 

Je jurerais avoir entendu le chef du gouvernement espagnol souhaiter que la foudre de Standard and Poor's s'abatte sur la France.

 

standard.jpg

 

Haaaaan! Une malédiction de dégradation du AAA! La foudre de SP's a désormais remplacé la foudre divine dans le langage diplomatique, tout comme Goldman Sachs s'est substitué aux études de Sciences Politiques dans les CVs des dirigeants. J'ai hâte de voir la société internationale dans dix ans!

 

01:00 – 02:00

Toujours en train de siffler des cocktails dans le lounge. Nous assistons au départ de celle qui ne peut être que Lindsay. Un photographe mal caché derrière une plante verte la prend en photo.

 

Cette histoire serait un traquenard que ça ne m'étonnerait pas.

 

Non… en fait on parle de Corneo. Il est assez négligent pour faire venir une Lindsay dans son hôtel en plein G24 et donner l'ordre à ses vigiles de la laisser monter sans même prendre la peine de l'escorter.

 

02:00 – 03:00

La raison et la mise à sac/sec du bar induisent en nous l'instinct de repli vers nos chambres respectives. N'ayant pas revu Selim de la soirée, je décide que je peux aller dormir l'esprit tranquille. Raoul a déjà rejoint ses pénates une heure auparavant. Ce gamin ne tient pas l'alcool. J'en ai profité pour effacer de son téléphone les coordonnées de Priscilla.

 

Et vlan! Puissance paternelle.

 

 

J'avais occulté le fait que Raoul était facilement retrouvable sur les réseaux sociaux.

 

03:00 – 04:00

Coma.

 

04:00 – 07:00

Coma.

 

07:00 – 08:00

C'est avec des valises sous les yeux que S.A.S. Selim IV nous remercie d'être venus aussi vite alors qu'il nous avait sollicités à la dernière minute. Il s'inquiète des évènements fâcheux qui ont ponctué le sommet mais je lui assure que les scandales qui seront bientôt relayés par la presse n'auront pas pour cause l'Etat du Huberistan. Cela ne semble pas réellement le rassurer.

 

Bien qu'ils aient les mêmes âges, Selim semble avoir physiquement mûri plus vite que son ancien camarade de classe. La charge d'un Etat n'est clairement pas de tout repos, même lorsqu'il s'agit du petit Huberistan.

 

Devant mon refus d'être payé (ce serait gênant et surtout cela nuirait à mon crédibilité en tant que journaliste), il insiste pour nous faire un "petit cadeau" que nous ne pouvons, de toute façon, pas refuser vu qu'il est déjà en route vers chez nous. Je hausse les épaule en espérant qu'un yacht ne m'attendra pas sur ma place de parking.

 

Un yacht eut été mieux.

 

À défaut de yacht, Piaf, un perroquet qui n'avait pu être engendré que par les plus viles créatures du quatrième cercle des Enfers après avoir vu son plumage baigné dans l'Achéron, intégra notre famille. Lui et Priscilla furent la cause du RaoulGate numéro I.

 

Mais cette histoire, je la conterai une autre fois.

 

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