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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 02:08

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Ceci est le compte-rendu d'un deuxième exposé présenté par Raoul Valoche et ses camarades lors de leur année de Terminale. Le petit groupe ayant choisi de privilégier le divertissement de la classe, vous serez confrontés à certaines errances intellectuelles (volontaires). Ainsi le dossier ne prétend pas être scientifiquement exact. Il jette toutefois une lumière particulièrement troublante sur les sagas qui ont pu égayer votre enfance.

Notez que nous éviterons ici les lieux communs.

A titre d’exemple nous aurions pu relever que Parker Lewis Ne Perd Jamais est une parfaite démonstration télévisuelle de la transgression organisée d’un système institutionnel, aux dépens de sa charte constitutive. Nous aurions ainsi pu relever le fait que, outre les violations quotidiennes du règlement intérieur de l’école par Parker et ses potes (« Synchronisation des montres ! »), la belle mais terrible Mme Musso, proviseur de son état, contribue au détournement par les élèves des normes scolaires. Corruptions et transactions douteuses entre profs et élèves sont le lot commun de la série. Mme Musso est elle-même à l’origine de nombreuses violations mais… nous ne le ferons pas. Ce serait trop facile.

 

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Nous aurions également pu mener une réflexion sur la manière étrange dont des séries sportives telles qu’Olive et Tom semblent faire application de la lex sportiva. Dans quelle partie des règles de la FIFA indique-t-on que :

- Le terrain peut faire 10 km, impliquant l’organisation de matches de quatre heures ?

- Les joueurs sont autorisés à utiliser des techniques létales telles que le Tir du Tigre, le Tir de l’Aigle, la Catapulte infernale ?

- Les japonais peuvent gagner une coupe du monde ?

Tous dopés ? Cette histoire pourrait finir devant le Tribunal arbitral du sport… mais nous n’évoquerons pas ce point. Ce serait trop facile.

Et quid des Power Rangers ? Le Megazord est immatriculé dans quel Etat ? Qui sera responsable s’il fait des dégâts sur le territoire d’un Etat tiers ? Zordon ? Les américains ? Est-il immatriculé au Liberia (le Megazord, pas Zordon) ? Hum… Bon, je ne me lancerai pas non plus sur la persécution induite par le comportement de Columbo quant aux droits de l’accusé… même si la CESDH pourrait… Bref.

Vous retrouverez ci-dessous les contributions des fantastiques Raph, Lauranne, Anya, Jeanne et le sieur Raoul lui-même, d'où les variations d'écriture et d'analyse. Pardon aux fans, aux scénaristes, aux personnages, aux japonais, aux jedis, aux juristes, tout ça. Aucune réclamation ne saurait m'être expédiée, je ne fais que relayer des réflexions qui ne m'appartiennent pas (toutes).

Ce dossier n’est PAS sponsorisé par le Club Dorothée, AB Productions ou toute autre entité affiliée.

 

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Un homme brisé... 

 

Pourquoi le chancelier Palpatine a agi dans le respect du droit international

 

Contrairement à ce que de trop nombreux auteurs estiment, le chancelier Palpatine n’a jamais violé aucune règle du droit international.

Les commentaires désobligeants d’une partie de la doctrine selon laquelle « Palpatine est et a toujours été méchant! », « Palpy c'est le mal absolu », ne résistent guère à l’analyse. Il sera aisément démontré que l’argument classique selon lequel « il s'est juste assuré par des moyens totalement illégaux le poste de Chancelier au-delà de son mandat normal, il a juste décrété des lois renforçant son pouvoir au détriment de celui du Sénat et cerise sur le gâteau, il a juste ordonné un génocide et instauré (ça c'est la chantilly) un régime totalitaire et xénophobe... » ne peut qu’être écarté.

Avant d’étudier plus précisément les deux temps forts de l’action publique de Monsieur Palpatine, il convient de rappeler, à titre liminaire, d’une part que la période qui nous intéresse court de son élection au titre de chancelier à celle de son accession si critiquée au titre d’Empereur, et d’autre part que le système de la République ressemble à s’y méprendre au système des Nations Unies, ce qui tend, selon l’auteur de ces lignes, à confirmer la théorie du constitutionnalisme global mais c’est une autre question qui sera traitée très bientôt n’intéresse pas grand monde pour l’instant.

En effet nous sommes en présence d’une Assemblée générale (composée du Sénat), d’un Secrétaire général (Palpatine), d’un personnel nommé par ce dernier (à commencer par le chagrien Mas Amedda), et d’un Conseil de sécurité composé de 12 membres : le Conseil des Jedi. Certes, je vois déjà l’œil des sceptiques briller : le Conseil de sécurité est composé d’Etats membres des Nations Unies et non de représentants d’une organisation indépendante…toutefois on ne peut que constater que le Conseil des Jedi est en charge d’une activité de régulation – le maintien de la paix galactique – sous mandat plus ou moins explicite du Sénat et avec l’appui du Chancelier (oui, d’accord, seulement au départ mais c’est une autre question). Il s’agit donc à n’en point douter d’une délégation de prérogatives de puissance publique, ou, puisque le cadre étatique est largement dépassé, d’une reconnaissance d’une activité de régulation internationale galactique de premier ordre.

Nous ne rentrerons pas dans le détail de la composition du Conseil des Jedi, bien qu’il soit utile de  préciser qu’il y a bien des membres permanents « à vie » tels que Yoda, Mace Windu, Plo Koon, Kit Fisto…dont la nomination résulte de circonstances historiques et s’attachent à des critères de puissance dans la matière de référence à l’époque, à savoir la victoire contre les naz la maîtrise de la Force, et des membres non permanents, « à court terme » ou « à long terme ».

BREF, le Conseil des Jedi a pour mission de maintenir la paix et la sécurité internationale en envoyant des « diplomates » négocier ou jouer les médiateurs, l’Assemblée générale discute et émet de vagues résolutions sans valeur obligatoire (on a vu son efficacité quand il fallait filer un coup de main aux naboos !), le Secrétaire général fait de beaux discours et tout va bien dans la plus lointaine des galaxies. Reste à démontrer que ce dernier a bien respecté le droit international en vigueur.

 

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Le Conseil de la discorde. Un abus évident de la théorie des pouvoirs implicites.


Pour nous convaincre que tout va bien, évaluons d’abord la carrière de notre ami avant l’Empire.

L’élection de Palpatine à la fonction de chancelier s’est déroulée dans le respect le plus total de l’article 97 de la Charte des Nations Unies, qui dispose que « Le Secrétaire général est nommé par l'Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité ». Rappelez-vous : Palpatine a été largement soutenu par le Conseil Jedi dans l’Episode I, alors que le perfide Valorum faisait traîner le dossier du blocus autour de Naboo. D’ailleurs, on ne peut que constater que la plupart des membres permanents du Conseil Jedi se retrouvaient un peu trop fréquemment dans le bureau de Palpatine alors simple représentant d’Etat. Il est ainsi permis de se demander s’ils n’ont pas essayé de le corrompre avant sa prise de fonction…En tout état de cause impossible de nier qu’ils l’ont recommandé pour cette fonction, même si l’acte formel est introuvable du fait de la destruction accidentelle de toutes les archives concernant l’ancienne République (c’est bête !).  

Impossible de nier non plus que le Chancelier Palpatine a été très efficace dès sa nomination : grâce à sa mission de bons offices auprès de la Fédération du commerce, un accord a pu être trouvé relativement rapidement, malgré l’action contreproductive du Conseil des Jedi, qui, dans son empressement à rétablir la paix, avait déjà monté une opération de maintien de la paix et enrôlé de manière peu orthodoxe toute une partie de la population gunganne dans une guerre suicidaire. Il est d’ailleurs permis de douter du consentement de ce peuple qui ne semble pas doté d’une intelligence particulièrement développée...La scandaleuse utilisation de la Force par un fonctionnaire du Conseil Jedi en service (Qui Gon Jinn) pour faire gracier – si ce n’est amnistier ! – un ressortissant national manifestement coupable d’infractions graves en est un indice probant, outre le fait qu’elle révèle une pratique préoccupante d’ingérence de cette organisation dans les affaires internes des Etats membres. On peut légitimement douter du maintien de la souveraineté du peuple Gungan dans de telles conditions et aller jusqu’à estimer que l’action du Conseil Jedi avait pour but officieux de prendre le contrôle de l’Etat pour y instaurer la démocratie – objectif et méthode perfides que Palpatine ne manqua pas de noter avec inquiétude, et qui constituent indubitablement les prémices du putsch manqué contre sa vénérable personne dans l’Episode III.

Rappelons enfin que c’est grâce à un enfant de 9 ans que la mission fut un succès, ce qui conduit également à se poser des questions quant au respect des règles élémentaires du jus in bello (=droit de la guerre) par l’organe exécutif des Nations Unies.

Aucune sanction ne fut prise contre les représentants du Conseil Jedi à la suite de ces évènements.

Tout ce qui précède démontre de manière incontestable que le Chancelier Palpatine a été élu de manière tout à fait licite et n’a méconnu aucune règle de droit international – contrairement au Conseil Jedi qui a déjà fort à se reprocher à ce stade.

Pour comprendre le caractère tout aussi licite de l’accession du valorum valeureux Palpatine au poste d’Empereur, il faut revenir sur le contexte politique du changement de régime, après avoir rappelé que l’auto-proclamation prétendue de ce dernier a été accueillie « sous des applaudissements » selon les termes mêmes d’une membre de l’Assemblée Générale – qui se permettra d’ailleurs peu après de se rendre sur le lieu de travail de son conjoint, mandaté spécialement par le Secrétaire général, et de le déranger durant une mission de la plus haute importance alors qu’elle est sur le point d’accoucher, ce qui ne peut que surprendre le pauvre mari dont la réaction certes exagérée a été beaucoup critiquée, à tort selon nous. En réalité, il faut s’interroger sur l’état de santé psychologique de la jeune femme, dont les facultés sont manifestement altérées puisqu’elle en vient à adopter un comportement tout à fait irrationnel. Cette prise en compte de la dégradation de sa santé mentale doit conduire à relativiser la portée des discours « anti-Palpatine » incohérents qu’elle a pu tenir.

On s’est en réalité beaucoup intéressé au décès malheureux des membres du Conseil Jedi et très peu aux raisons qui ont poussé l’Organisation à en venir à de telles extrémités imprévisibles.

Rappelons la situation : afin de mieux remplir sa mission, le Secrétaire général souhaite nommer un représentant spécial au sein du Conseil de Sécurité. Il faut concéder que la méthode semble a priori cavalière puisque le Chancelier propose un candidat fort jeune que les « éléphants » dirigeants du Conseil n’estiment pas suffisamment compétent. L’argument masque en réalité l’inquiétude peu rationnelle du Conseil qui y voit une atteinte à son indépendance.

Une simple discussion à tête reposée avec le bienveillant Chancelier aurait sans doute suffi à apaiser les tensions. Loin d’entreprendre une telle action, le Conseil accepte la requête du Chancelier et intègre le jeune Skywalker à son comité décisionnel. Il faut bien insister sur cet élément essentiel : à aucun moment le Chancelier n’a imposé son candidat, dont l’intégration devait nécessairement être validée par le Conseil Jedi, ce qu’il a fait en toute indépendance.

Pourtant, rien ne dit que le Chancelier souhaitait que son représentant intègre officiellement le Conseil Jedi et y ait voix délibérative ! Bien au contraire, le Secrétaire général agissait vraisemblablement dans le cadre de l’article 101.2 de la Charte des Nations Unies selon lequel « Un personnel spécial est affecté d'une manière permanente au Conseil économique et social, au Conseil de tutelle et, s'il y a lieu, à d'autres organes de l'Organisation. Ce personnel fait partie du Secrétariat » - personnel nommé par le Secrétaire général selon l’alinéa premier.

Aucune règle n’a donc été méconnue à l’occasion de ce malentendu, qui repose indubitablement sur une erreur d’appréciation du Conseil Jedi.

 

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Il est fort regrettable par la suite que le jeune Skywalker, qui n’était manifestement ni une lumière ni le candidat idéal pour ce poste à responsabilités, n’ait pas compris le message de paix et d’amitié de son supérieur hiérarchique, qui ne cherchait, somme toute, qu’à l’aider en lui proposant des remèdes de grand-mère pour mieux dormir. On ne voit donc pas très bien pourquoi le jeune homme, avant de se raviser, a couru auprès des premiers membres permanents du Conseil qu’il a trouvés pour leur affirmer que Palpatine était un danger pour la galaxie. Sans doute l’explication peut-elle résider dans la situation de stress dans laquelle il se trouvait, propulsé à un poste à responsabilités au sein d’un groupe de vétérans pour le moins hostiles à sa présence – aucune information quant à un éventuel « bizutage » douloureux n’a toutefois pu être recueillie – et rongé par d’inquiétants troubles du sommeil.

Toujours est-il que plusieurs membres du Conseil (Eeth Koth, Saesee Tiin, Kit Fisto et Mace Windu) ont décidé de manière officieuse de faire cesser immédiatement ce qu’ils ont considéré comme une « atteinte à la paix et à la sécurité de la galaxie » sans même consulter l’Assemblée. Violant impunément les locaux réservés au Secrétaire général, ces derniers, affirmant agir avec un mandat officiel d’on ne sait quelle autorité, n’ont pas hésité à l’agresser physiquement ; le pauvre homme ne dût sa survie qu’à sa connaissance des rudiments de la défense martiale et à l’intervention salutaire du jeune Skywalker revenu à la raison.

Pour résumer, des membres du Conseil ont, sans mandat aucun, violé ouvertement les sections 18 et 19 de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies approuvée par l’Assemblée générale le 13 février 1946 en tentant d’assassiner le Secrétaire général. En situation de légitime défense, le Chancelier a été contraint d’éliminer les agresseurs.

Aucune obligation internationale n’a à cette occasion été méconnue par Palpatine.

La suite de l’histoire ne fait que confirmer que le Conseil Jedi a toujours œuvré contre la paix dans la galaxie. Le projet constitutionnel de changement de régime du Chancelier Palpatine fut rendu très crédible par sa redoutable efficacité diplomatique : la guerre cessa dès la neutralisation des assassins du Secrétaire, démontrant bien que le Conseil entretenait depuis le départ le conflit, dont l’enlisement arrangeait probablement les membres. N’oublions pas que ces derniers étaient équipés d’armes d’une technologie supérieure qu’ils apprenaient à construire eux-mêmes dès l’enfance. Une vaste campagne d’interpellations desdits fonctionnaires fut lancée afin de mettre un terme à cette intolérable pratique de mafia internationale. Il est à déplorer que la totalité des arrestations échouèrent et se soldèrent par des accidents de pilotage ou des décès du fait de la résistance armée que les délinquants opposèrent systématiquement aux représentants de l’ordre et de la justice.

Acclamé par tous – si l’on exclut Mme Amidala dont les facultés mentales étaient altérées et un certain Organa qui se rendit plus tard coupable d’enlèvement d’enfant – l’honorable Chancelier fut proclamé Empereur dans la foulée et rétablit la paix dans la galaxie.

 

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La prochaine cible de la CPI?

 

Cette démonstration ne serait pas complète sans la mention de l’incroyable agression de la part d’un membre du Conseil Jedi en fuite. Le dénommé Yoda, dont l’âge invraisemblable qu’il s’était inventé témoignait du peu de confiance qu’il fallait lui accorder, n’hésita pas à violer publiquement l’article 100 de la Charte des Nations Unies, selon lequel « Chaque Membre de l’Organisation s’engage à respecter le caractère exclusivement international des fonctions du Secrétaire général et du personnel et à ne pas chercher à les influencer dans l’exécution de leur tâche ». En effet, le personnage coloré se présenta au bureau du Secrétaire général manifestement occupé à travailler sur le changement administratif de régime, et, après avoir assommé sans sommation le service de sécurité, lui ordonna de renoncer à ses fonctions avant d’affirmer vouloir mettre un terme à sa carrière. Cette tentative d’influence assortie de menaces fut vécue par le Secrétaire comme une réelle agression verbale. Abasourdi, il conclut cette entrevue par une tentative de neutralisation à fins de poursuites judiciaires de la créature verte, dont on imagine bien les charges du fait de son caractère de dirigeant de facto du Conseil (crime contre l’humanité, disparitions forcées d’enfants, crime de génocide pour l’abandon lamentable des Wookies…). A cet échec succéda une agression physique écourtée par la fuite du malfrat, sans doute inquiété par la perspective d’une arrestation et de la constitution plus que probable d’un Tribunal ad hoc pour juger ses crimes.

A aucun moment il n’a été possible de mettre en évidence une quelconque violation du droit international de la part du Chancelier puis de l’Empereur Palpatine, dont l’action pour la paix ne peut qu’être saluée. Sa contribution à la construction d’une réelle fédération internationale fut précieuse, sinon essentielle, et il est plus que temps de réintégrer cette figure d’intégrité et de……….

 

-          Raphhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !!!!

-          Quoi ?

-          T’as vu l’heure ??? Il est 3h35 du mat’ !!

-          Ah. Bon, l’analyse de la contribution de Jabba the Hutt à l’évolution de la conception internationale des droits de la femme attendra demain…

 

***

 

Et tout de même, au sujet des droits des enfants Jedi…

 

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Affaire Öcalan c. Turquie, 12 mai 2005, §183

 

Il est  loisible de s’interroger sur le respect du droit international humanitaire par le Conseil Jedi qui, soit disant chargé du maintien de la paix, n’hésite pas à arracher à leur foyer de jeunes enfants pour les employer en tant que guerriers de la Force – pour ne pas dire exploiter – au mépris des instruments les plus élémentaires de protection des droits de l’homme…

Outre le droit fondamental à la propriété qui est tout bonnement ignoré par cet organe qui la prohibe, on se doit de rappeler que plusieurs dispositions essentielles de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant de 1989 et adoptée par l’ONU, notamment les articles 7 (« L’enfant […] a dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux »), 9.3 (« Les États parties respectent le droit de l’enfant séparé de ses deux parents ou de l’un d’eux d’entretenir régulièrement des relations personnelles et des contacts directs avec ses deux parents, sauf si cela est contraire à l’intérêt supérieur de l’enfant ») et 35 (« Les États parties prennent toutes les mesures appropriées sur les plans national, bilatéral et multilatéral pour empêcher l’enlèvement, la vente ou la traite d’enfants à quelque fin que ce soit et sous quelque forme que ce soit ») sont traditionnellement méconnus par les agents du Conseil Jedi.

Tandis que l’interprétation extensive des expressions « intérêt supérieur de l’enfant » et « dans la mesure du possible » revendiquée par le Conseil Jedi ne parvient pas à convaincre, la pratique du « pawadanat » constitue une violation flagrante de l’article 32.1 de la même Convention (« Les États parties reconnaissent le droit de l’enfant d’être protégé contre l’exploitation économique et de n’être astreint à aucun travail comportant des risques ou susceptible de compromettre son éducation ou de nuire à sa santé ou à son développement physique, mental, spirituel, moral ou social »). Une enquête actuellement en cours devrait également permettre dans un futur proche d’établir, ou non, une violation continue de l’article 34 (« Les États parties s’engagent à protéger l’enfant contre toutes les formes d’exploitation sexuelle et de violence sexuelle »).

Allons plus loin : la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées du 20 décembre 2006 est elle aussi, par les mêmes faits, méconnue de manière récurrente par le Conseil Jedi qui arrache régulièrement des enfants à leurs familles, avec l’aval explicite ou tacite des gouvernements de leurs planètes ou systèmes, qui ne peuvent raisonnablement ignorer cette pratique. Le Conseil des Jedi sait pourtant qu’en vertu de l’article 2 de cette Convention, « l'enlèvement ou toute autre forme de privation de liberté par des agents de l'État ou par des personnes ou des groupes de personnes qui agissent avec l'autorisation, l'appui ou l'acquiescement de l'État, suivi du déni de la reconnaissance de la privation de liberté ou de la dissimulation du sort réservé à la personne disparue ou du lieu où elle se trouve, la soustrayant à la protection de la loi » constitue une disparition forcée...pire encore : « la pratique généralisée ou systématique de la disparition forcée constitue un crime contre l'humanité », selon son article 5. Or, il est de notoriété commune que les Jedi procèdent à de tels recrutements réguliers d’enfants-soldats (fussent-ils au soi-disant service de la paix) qui ne revoient jamais leur pays, et ce depuis la nuit des temps. En témoignent l’impossibilité de déterminer la planète d’origine de Yoda qui, malgré l’incongruité de l’âge qu’il avance, n’est certainement pas né de la dernière pluie, et le fait qu’une autre créature de la même espèce, Yaddle, a été elle-aussi enlevée sur cette planète inconnue quelques années plus tard…à noter que ces deux individus, endoctrinés, sont devenus à leur tour des bourreaux coupables de crime contre l’humanité, convaincus de la noblesse de la « mission » qui leur incombait. Il nous semble qu’une telle « habitude » ne suffit néanmoins pas à faire disparaître l’élément psychologique, intentionnel du crime, tel qu’exigé par le Statut de la Cour pénale internationale. Il est en effet difficilement soutenable que les dirigeants d’un organe chargé de la paix et de la sécurité galactique ignorent qu’enlever des enfants pour les asservir est « mal »…

 

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Le visage tourmenté d'un enfant soldat.

 

Enfin la pratique, commune et non dissimulée, consistant à faire porter un casque à un enfant pour l’empêcher de voir et d’envoyer une machine manifestement télécommandée le frapper, sous la surveillance et pour le plaisir sadique d’un « maître » Jedi parfois à l’origine de son enlèvement, peut relever de la torture ou tout du moins du traitement inhumain. La CEDH l’a bien précisé : « le fait de banderles yeux d'un détenu, le rendant ainsi artificiellement aveugle pendant de longues périodes, réparties sur plusieurs jours, peut engendrer, combiné avec d'autres mauvais traitements, de fortes pressions psychologiques et physiques sur lui » (Affaire Öcalan c. Turquie, 12 mai 2005, §183). Il est bien évident que, combinés avec une disparition forcée et l’obligation de porter une coupe de cheveux ridicule jusqu’à l’accomplissement « d’épreuves » dont personne ne sait grand-chose, de tels entraînements constituent une violation de l’article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Il était donc grand temps que de telles violations évidentes des droits de l’homme envers les enfants cessent, et il faut applaudir l’Empereur Palpatine pour avoir fait valoir la prééminence du droit dès son accession au pouvoir.


***

 

Les Chevaliers du Zodiaque – Quand la diplomatie se fait atomiser


Des quatre coins de l’uuunivers, quand triompheuh le Mal,

Sans hésiter ils partent en guerre, violer l’droit international !

 

 


 


Tous les garçons de la pièce et sans doute quelques filles (les meilleures d’entre elles) ont regardé au moins un épisode des Chevaliers du Zodiaque lorsqu’ils étaient petits.

Le synopsis de cette série d’animation diffusée essentiellement dans les années 80-90 est à la fois simple et complexe : Saori Kido est la réincarnation d’Athéna, déesse de la guerre, ce qui fait (paradoxalement) d’elle la gardienne de la paix… et la cible privilégiée d’autres dieux machistes ne supportant pas qu’une adolescente aux longs cheveux violets ait hérité du meilleur territoire (alors qu’eux ont dû se contenter des Enfers, d’une portion congrue de la Haute mer, de l’espace extra-atmosphérique, de l’Antarctique et autres domaines auquel le droit international n’accorde que peu d’intérêt).

Ivres et jaloux, c’est à tour de rôle qu’ils envoient leurs sbires s’en prendre à Saori-Athéna afin de la capturer, la planter avec une flèche, l’enfermer dans des piliers, des jarres, les plis d’une robe (véridique), voire même l’obliger à rester bloquée sur un iceberg au Pôle nord afin qu’elle applique à elle seule l’ensemble des dispositions du Protocole de Kyoto et ralentisse la fonte des glaces.

 

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"Bon, allez, je te file une fleur et tu me laisses exploiter ton peuple."

 

La frêle demoiselle a beau être particulièrement poisseuse, elle n’en est pas moins coriace, ou futée. Elle a en effet eu le bon sens de s’entourer de cinq chevaliers de bronze qui, en dépit de leur faiblesse initiale, sont dotés d’un potentiel karmique considérable : le cosmos (vous savez, ce pouvoir endormi que vous invoquez la veille des partiels pour faire entrer tout le programme dans votre tête). Ce joli monde se bastonne joyeusement pour protéger, l’un son dieu, l’autre son idéal.

Les Chevaliers du Zodiaque (Saint Seiya pour les puristes) décrit les cinquante manières épiques dont les chevaliers de bronze viennent à bout de chevaliers rivaux afin de sauver, encore et toujours, celle dont on peut se demander si elle n’est pas victime d’une forme évoluée du syndrome de Stockholm.

(NB : La facilité avec laquelle des chevaliers de différentes factions s’introduisent dans le Sanctuaire, situé en Grèce et censé rassembler les individus les plus puissants du monde est sans doute symptomatique de la crise qui affecte aujourd’hui ce pays et démontre que l’auteur du manga, bien avant tout le monde, avait saisi les faiblesses structurelles qui mèneraient cette – jadis puissante – nation à sa perte. En bref, la crise grecque est imputable à l’incompétence des chevaliers d’or).

 

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Légitime défense préventive.

 

Dans l’absolu, notre statut d’être humain fait qu’on ne peut (fondamentalement) pas reprocher aux chevaliers d’Athéna leurs efforts pour occire les trop nombreux (et surpuissants) ennemis qui souhaitent notre perte. De ce fait nous occulterons le fait que les cinq héros – mineurs âgés de 13 à 15 ans – soient envoyés au front pour subir mille souffrances au nom de la justice. Nous fermerons également les yeux sur la discrimination criante opérée entre les différentes catégories de chevaliers (bronze, or et (lol) argent). Nous ferons, à la limite, un effort pour ignorer la violation flagrante des règles de la diplomatie, lesquelles prescrivent, on le rappelle :

« Conformément aux règles de la courtoisie, les Dieux s’assureront que leurs guerriers n’abreuvent pas un ennemi, dès le début du combat, de paroles vexatoires sur la faiblesse de son cosmos » (art. 24, b. du Traité du Sanctuaire, conclu à l’issue de la Première Guerre contre Hadès).

En revanche on ne saurait rester insensible aux nombreuses lacunes qui criblent le système diplomatique de cet univers.

En effet :

-Dans le meilleur des cas un Dieu propose à Athéna de devenir sa partenaire et d’éradiquer ensemble la Terre, ce qu’elle refuse systématiquement. Résultat : elle est kidnappée et la guerre est lancée.

-Dans le pire des cas le Dieu scélérat ne s’encombre pas de manières (même s’il a la courtoisie d’attendre l’échec d’un Dieu tiers pour intervenir), envoie ses forces armées kidnapper Athéna, fait tabasser les chevaliers de bronze et, en passant, fait s’abattre quatre ou cinq cataclysmes sur la Terre. Puis la guerre est lancée.

 

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L'armée française est vraiment tombée bien bas.

 

En dehors du malaise que suscite le kidnapping très récurrent d’un chef d’Etat et les insultes généralement associées (« Athéna c’est qu’une bonne à rien », « Haaan, retire ce que tu as dit ! »), sans compter les nombreuses violations de diverses intégrités territoriales, nous avons du mal à comprendre pourquoi les dieux ne parviennent pas à s’organiser selon les standards pourtant acquis du jus in bello. En effet, imaginez ce qui se passerait dans la vie réelle si chaque Etat disposait de sa horde de chevaliers et procédait, sur un coup de tête à une agression d’un Etat tiers et...

 

 

Mise en situation :

Angela Merkel : Äch. Ces français sont insupportables, leur simple existence m’importune. Ils sont comme autant de fourmis inutiles dont la seule activité semble être de se lamenter et de manifester. Ne peut-on pas les supprimer ?

Chevalier allemand : Maître, mais… pourquoi ?

Angela Merkel : Comme ça. Je suis une déesse et l’affliction des peuples de Dieux tiers me réjouit.

Chevalier allemand : Maître, leur dieu les protège. Ne devrait-on pas réunir une réunion avec les membres du Conseil des dieux avant de procéder à une attaque unilatérale et injustifiée, clairement contraire aux règles du jus in bello ?

Angela : Mais non. Aucun souci, ces gens ne valent pas mieux que les paysans grecs. On va faire comme au Sanctuaire. Que deux d’entre vous partent à l’Elysée, castagnent les gardes incompétents qui se dresseront sur le chemin (après leur avoir rappelé qu’ils sont faibles), kidnappent François et le placent dans un bunker. Ha, faites également écouler de l’eau dans le bunker. Précisez aux ennemis que François sera noyé dans douze heures. Ce sera plus drôle comme ça.

***

Chevalier de bronze français, quelques heures plus tard : Arg, ils encore kidnappé François. On n’a que douze heures pour le sauver !

Autre chevalier de bronze : Traversons la frontière, violons l’intégrité territoriale du domaine divin allemand, dégommons tous les chevaliers PUIS humilions leur chef d’Etat.

Autres chevaliers : OUAAAAAAIS !

Je vous pose la question.

 

Bon, en fait ce serait cool...


***

Les Mystérieuses Cités d’or

 

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« OOOOOOHHHH-OH-OH-OH-OH, Esteban, Zia, Tao, Les Cités d’Or-OOOrrrrrr »

 

Cette chanson, pleine d’optimisme, qui ne l’a pas fredonné ou hurlé, le matin sous la douche pour se donner le courage d’affronter sa propre quête initiatique de la rédaction de la thèse ?

 

Cette chanson évoque l’amitié, le soleil, la joie, la magie du Grand Condor, la richesse des civilisations précolombiennes…

 

Alors, lorsque mon fils de 4 ans m’a demandé s’il pouvait ouvrir le coffret des 4 DVD des Cités d’Or de notre vidéothèque, j’étais forcément très enthousiaste ! Avant de lancer le premier des 39 épisodes de la série, je commence par lui dire que ce dessin animé a bercé mon enfance, que nous rêvions tous d’être l’un des héros, que le dessin est superbe, que le grand condor est super fort, que les Olmèques sont vraiment horribles, mais que Mendoza est finalement gentil… jusqu’à ce qu’il me dise « bon, ok, mais tu peux appuyer sur « PLAY », maintenant, s’il te plaît ? »

 

« PLAY »… oh la musique… oh les dessins… oh… mon dieu !!!! que quoi ? hein ???? « STOOOOOOOP !!!! ».

Mon fils, je ne peux pas te laisser regarder ça ! C’est truffé de violations graves du droit international. Mais comment le CSA a-t-il pu laisser passer ça ?

 

Bon. Retour sur images : 

(Episode 1) Esteban est au chevet du père Rodriguez. Avant de mourir, le père Rodriguez lui révèle qu’alors qu’Esteban était bébé, il a été sauvé in extremis du naufrage du bateau de son père par Mendoza. Ramené en Espagne, il avait été confié à la garde du père Rodriguez. Ce pose alors la question de sa situation : s’agit-il d’un enfant adopté ou a-t-il été volé ? S’il s’agit d’une adoption, est-elle licite ? Et puis, maintenant qu’il est deux fois orphelin (de ses vrais parents et de son père adoptif…), peut-on considérer qu’il est émancipé même à l’âge de 12 ans ?

Et qu’en est-il de sa nationalité ? Esteban a-t-il conservé la nationalité de ses parents ? Ou bien a-t-il acquis la nationalité espagnole ? S’il est espagnol, cette nationalité ressort-elle du droit de la mer via le droit du pavillon du navire de Mendoza ou ressort-elle de son lieu de résidence, l’Espagne ?

 

Tournons-nous, maintenant, vers Zia (et non Zahia…), la jolie inca. Sa vie est bien loin du conte de fée (même Princesse Sarah peut aller se rhabiller !) : une fois son village pillé par les conquistadores, Zia, 7 ans, est enlevée par Pizarro pour l’offrir à la Reine Isabelle d’Espagne (flash-back de l’épisode 13). Le dessin-animé ne s’étend pas trop sur les circonstances de cette violation flagrante du droit international, et puis de toute manière tout est bien qui finit bien puisque Zia retrouvera finalement son père, Papacamayo, qui avait toujours gardé l’espoir de la revoir avant sa mort (épisode 33) (c’est LE passage larmoyant des Mystérieuses Cités d’Or).

Pour tout internationaliste, les premières années de Zia ne sont qu’une succession de violations du droit international actuel (car au regard du droit du XVIème siècle, ces actes n’étaient évidemment pas répréhensibles) :

·         enlèvement et séquestration : Zia est enlevée et retenue contre son gré. A considérer qu’il y a eu un conflit armé entre les conquistadores et les Incas et que le territoire inca est désormais occupé, l’enlèvement et la séquestration de Zia pourrait être qualifiés de transfert forcé au sens de l’article 49 de la IVème Convention de Genève (« Les transferts forcés, en masse ou individuels, ainsi que les déportations de personnes protégées hors du territoire occupé dans le territoire de la Puissance occupante ou dans celui de tout autre Etat, occupé ou non, sont interdits, quel qu'en soit le motif. »). Et, puisque Pizarro est un conquistador agissant au nom de la couronne espagnole, l’Espagne pourrait être reconnue responsable de ses actes (articles 4, 5 et 8 des Articles de la Commission du droit international sur la responsabilité des Etats)

·         trafic d’êtres humains : Zia est enlevée puis offerte en cadeau à la Reine Isabelle ! Cette transaction, proche de l’esclavage (la qualification d’esclavage demeure incertaine car l’on ne sait pas si Zia était au service de la Reine d’Espagne), est contraire au Protocole additionnel à la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants.

 

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Un sujet potentiel de partiel de DIP va être révélé dans quatre lignes.

 

Face à l’insistance de mon fils pour connaître la suite des aventures d’Esteban et de Zia (« Mais euhhh, s’il te plaît euhhhhh… »), je décidai de rappuyer sur « PLAY » et d’oublier, pour quelques minutes, le droit international…

C’était sans compter sur l’épisode 7 ! Je réalise tout à coup qu’il constitue une base idéale pour créer un cas pratique en droit de la mer pour mes étudiants de 4ème année. Vite ! un stylo, une feuille de papier… et hop !

Petit résumé : Esteban, Zia, Tao, Mendoza, Sancho et Pedro sont sur le Solaris (un navire doté d’une technologie solaire de pointe). Ils parviennent à échapper à la caravelle espagnole de Gaspard et Gomez qui les poursuit et mouillent dans une petite crique. A peine ont-ils jeté l’ancre que des Espagnols, installés dans un fort à proximité, immobilisent le Solaris et les arrêtent.

Première question : le Solaris pouvait-il mouiller dans les eaux intérieures sans autorisation ? Certes, le droit de la mer autorise le droit de passage inoffensif pour tout navire. Mais, ce droit n’inclut pas le mouillage, sauf cas de force majeure ou détresse (art. 18 de la Convention de Montego Bay). Dès lors, le Solaris pouvait naviguer au large des côtes d’Amérique Latine mais n’avait pas le droit de jeter l’ancre dans la crique sans autorisation.

Deuxième question : les espagnols avaient-ils le droit d’immobiliser le navire et d’arrêter son équipage ? Les espagnols sont l’autorité de jure sur ce territoire depuis le traité de Tordesillas de 1494. Ils possèdent donc le titre territorial sur les eaux intérieures et peuvent y exercer leur compétence pénale. Pour autant, l’immobilisation d’un navire et l’arrestation de l’équipage doivent être fondées sur la violation de la législation interne ou internationale par le navire. En l’espèce, les Espagnols pensent avoir à faire à des pirates : c’est une erreur (tous les jeunes téléspectateurs savent parfaitement que Esteban et ses comparses ne sont pas des pirates !). Ce fondement est donc inopérant pour justifier l’immobilisation du navire. En revanche, les espagnols pourraient arguer de l’absence de demande d’autorisation de mouillage.

Troisième question : Le Tribunal international du droit de la mer (TIDM) est-il compétent ? La Convention de Montego Bay permet à l’Etat du pavillon (=de nationalité) de saisir le TIDM pour les demandes de prompte mainlevée (- « demande de quoi, maman ? » - « c’est une demande qui vise à permettre au navire de sortir du port où il est retenu et de le laisser repartir, mon chéri ») et de prompte libération de l’équipage (art. 292). Or, le Solaris appartenait à l’Empire Mu, qui a disparu suite à la guerre qui l’opposa aux Atlantes. Il n’y a donc plus d’Etat du pavillon… et donc….

 

« Maman… Chut… tu nous embêtes là ! écoute plutôt »

OOOOOOHHHH-OH-OH-OH-OH, Esteban, Zia, Tao, Les Cités d’Or-OOOrrrrrr

 

 


 

 

 

***

 

Sailor Moon – La face cachée de la lune

« Je suis Sailor Moon ! Et au nom de la Lune, je vais te punir ! »

Meuf, tu vas commencer par te calmer. Comment ça « Au nom de la Lune » ? D’où est-ce que tu serais une représentante de la lune ? La lune serait un symbole ? Un Etat ? Une nation ?

Je connais tous de tes méthodes Sailor Moon ! Toute petite déjà je suivais tes aventures sur mon petit écran le mercredi matin (Club Dorothée !!). C’était la belle époque, la première fois qu’un dessin animé japonais diffusé en France nous montrait les aventures d’une lycéenne guerrière presque aussi dangereuse que Sangoku.

Ton vrai nom était « Bunny Rivière », tu avais 14 ans (Usagi Tsukino dans la version originale) et étais affublée de tous les défauts du monde : mauvaise au collège, paresseuse, retardataire, goinfre, maladroite, une coupe de cheveux ridicule... En somme, un modèle pour toute une génération !

 


 

 

Seulement tu avais un point fort : le pouvoir de te transformer en guerrière de la lune dès que les Forces du Mal menaçaient notre belle planète. Tu nous prouvais également que nous avions le pouvoir de tabasser les garçons dans la cour de récré :

- en les frappant avec un bâton rose tout en criant « Cicatrisation Lunaire !!! »

- en leur lançant un frisbee dans la tronche (« Frisbee Lunaire »)

- par contre… tu nous as arnaquées avec ta broche de transformation Mattel à je sais pas combien de dizaines de francs. Aucune d’entre nous n’a jamais réussi à se métamorphoser. Quelle frustration pour une enfant de onze… sept ans.

Tu avais plusieurs acolytes qui représentaient chacune une planète : Sailor Mercure, Sailor Mars, etc. La série a eu un succès retentissant au point d’être diffusée sur tous les continents, de faire l’objet d’une série live il y a 4-5 ans… (cliquez si vous n'aimez pas votre vie) et de connaître un reboot (prévu pour l’été 2013).

 

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L'avant-garde des opérations japonaises d'acquisition territoriale par la force.

 

C’était tellement bien… jusqu’à ce que je m’intéresse au droit international… C’est là que j’ai perdu foi en toi. En effet j’ai appris l’existence du Traité sur les principes régissant les activités des Etats en matière d’exploration et d’utilisation de l’espace extra-atmosphérique, Y COMPRIS la lune et les autres corps célestes (1967). Ces deux articles compromettent ton activité :

Article 1er

L’exploration et l’utilisation de l’espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes, doivent se faire pour le bien et dans l’intérêt de tous les pays [...] ; elles sont l’apanage de l’humanité tout entière.

L’espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes, peut être exploré et utilisé librement par tous les États sans aucune discrimination, dans des conditions d’égalité et conformément au droit international, toutes les régions des corps célestes devant être librement accessibles.

[...]

Article 2

L’espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes, ne peut faire l’objet d’appropriation nationale par proclamation de souveraineté, ni par voie d’utilisation ou d’occupation, ni par aucun autre moyen.

Vois le problème. En effet mes souvenirs d’enfance (intacts) indiquent qu’en plus d’être une héroïne tu étais la réincarnation de la princesse de la Lune (Serenity) et l’héritière du Millenium d’Argent… Statut de monarque que tu comptais bien récupérer une fois tous les méchants vaincus. D’où on peut soulever deux problèmes :

-Il semblerait que, sous couvert de protéger l’amour et la justice, tu ambitionnais secrètement de te (ré)approprier la souveraineté sur la Lune. Or, depuis ton premier échec face aux forces du mal et pendant que tu attendais une occasion de te réincarner les juristes en droit international continuaient à bosser, eux. C’est ainsi qu’a été conclu un traité (supra) interdisant toute forme d’appropriation nationale de la lune (art. 2). Un peu gênant, non ? Tu tenteras sans doute de répondre que non, tu ne représentes aucun intérêt national et donc que tu ne peux pas t’approprier la souveraineté pour ta seule pomme. Nous ne sommes pas dupes. Ta réincarnation est japonaise et, étrangement, tu n’interviens pour protéger les innocents que sur le territoire japonais (art. 1er « dans l’intérêt de tous les pays »). Vois-tu où je veux en venir ? Il est clair que tu roules pour l’empire nippon !

-  Tu sembles tirer tes pouvoirs de la Lune lorsque tu te bats contre les méchants. Force est de constater que le Japon, par ton biais, fait un usage quasi-militaire (bien que girly) des ressources de la lune. En témoignent toutes tes attaques : Frisbee lunaire, Cicatrisation lunaire, Kaléidoscope lunaire etc. Ce n’est pas parce qu’elles sont mignonnes d’apparence qu’on doit occulter leur puissance nucléaire. C’est comme si Kim Jong Un n’inspirait plus méfiance sous prétexte que ses missiles étaient ornés de dentelle rose et créaient des explosions de paillettes.

 

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Une arme redoutable. L'AIEA n'avait pas envisagé ceci.

 

Tu remets ma bonne foi en question ? Pourtant la saison 2 du dessin animé nous apprend, grâce à un voyage dans le temps que, dans le futur, tu redeviendras de nouveau la reine Serenity.

Quel est le nom du royaume que tu créeras grâce à tes nombreuses victoires ? : Crystal Tokyo.

Pas Crystal New York. Pas Crystal Bourg-En-Bresse. Crystal Tokyo.

En somme le pays du Soleil levant devient l’épicentre de l’exploitation du pouvoir lunaire. Il est évident que, grâce à toi, le Japon viole le traité de 1967 et l’accord subséquent de 1979 qui va dans le même sens.

 Tu m’as tellement déçue Sailor Moon. Au nom du droit international, je vais te punir.

 

***

 

Charmed : Introduction au droit magique

 

La petite histoire : Pour ceux qui n’ont pas suivi, Charmed est l’histoire de trois sœurs sorcières dont la destinée est de protéger les innocents contre les démons et toute une série de créatures maléfiques. Avis aux voyageurs : le point névralgique de l’activité démoniaque est San Francisco, où se déroule l’intrigue.

 

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Le point de droit : L’enjeu de droit crucial qui saute aux yeux (même profanes) au visionnage des huit saisons de Charmed - et qui ne manquera pas de chatouiller ta curiosité – touche à l’identification de la nature des règles régissant les rapports entre les êtres magiques. Autrement dit : existe-t-il un droit de la communauté magique ?

Analyse : La communauté magique est clairement scindée en deux clans distincts : les gentils, clan auquel appartiennent nos charmantes sorcières, et les méchants, le monde des démons, warlocks, darklighters et autres êtes féroces.

L’ordre des méchants est un ordre de contraintes. Les démons invoquent souvent des règles révélant une hiérarchie forte entre eux mais ne connaissent, en réalité, que la loi du plus fort. Inutile de s’attarder sur une analyse, la seule règle valable étant : que le plus fort gagne !

L’ordre des gentils, souvent appelé « magical community » semble être régi par des règles sans doute plus morales que juridiques. En effet, les obligations n’entrainent pas de sanction mais uniquement la répréhension des comportements par la communauté magique. Les sorcières ne sont donc pas obligées de suivre leur destinée mais, si elles ne protègent pas les innocents, elles culpabilisent (voir notamment l’épisode 5 de la saison 8 « Rewitched ») ou se mettent tous leurs potes à dos (saison 8, épisode 20 « Gone with the Wind »). Quant à l’interdiction d’utiliser la magie à des fins personnelles, sa violation entraine toujours des conséquences karmiques (voir saison 4, épisode 3 « Hell Hath No Fury »), ce qui me laisse penser qu’il s’agit de loi de la nature et non de règles juridiques (je me demande pourquoi Kelsen n’avait pas illustrés ses théories avec les systèmes normatifs de Charmed !) (cher profane si tu es perdu c’est normal).

Enfin, on peut tout de même identifier de véritables règles telles que l’interdiction de se marier entre sorcière et Whitelighters (ce qui n’empêchera pas Piper et Léo de se marier et d’avoir deux enfants). Ces règles semblent fondamentales et font certainement partie de la constitution de la « magical community ». Etant donné que ces règles peuvent être changées par un acte simple des « fondateurs » (sortes d’« anges sages » qui semblent être les chefs et habitent dans les nuages), j’en conclus que ceux-ci détiennent le pouvoir constitutionnel dérivé (= ont le pouvoir de modifier la constitution, ce qui en France nécessite l’intervention du peuple par la voie du référendum ou du parlement réuni en congrès). La constitution de la « magical community » est donc souple (= facile à modifier).

Mais alors la question qui te brûle les lèvres, cher neveu je le sens, est : des relations sont-elles possibles entre les deux communautés ? Autrement dit existe-t-il un droit inter-magiques ? La réponse dans le prochain numéro sur les fictions…

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commentaires

Matthews 14/05/2013 12:57

Quid de l’armée… elle est bien celle de la fédération… quid également de la transformation du séant intergalactique en sénat impérial ? La mutation ne répond à aucun mécanisme du droit
international.

Par ailleurs, rappelons que la République exerce également sa souveraineté en matière monétaire.... les fameux "crédits républicains" que l'on refuse sur Naboo.


Enfin, j'insiste sur la possibilité ou plutôt l’impossibilité de quitter la fédération… une étrangeté si on qualifie la fédération intergalactique d’OIG.

Pour paraphraser DR (Paris I)et Charles Berling dans "Le prénom"… les mots ont un sens… fédération, république, ect...

La seule comparaison, à mon sens, possible en l’espèce consiste à appréhender the Old république au regard de l’UE avec une limite de taille... l’UE n’a pas d’armée.

J'attends avec impatience, la proposition de résolution qui je crois devrait être soumise pour avis à Georges Lucas (avis obligatoire cela va s'en dire). J'ai déja le titre de l'article en tête :
"La levée des ambiguités sur le caractère étatique de la Vieille République" (Cahiers du droit intersidéral,n°1, 2014).

Que la force soit avec vous.

Raphnin 14/05/2013 11:58

Je ne pense pas qu'on puisse qualifier le système galactique de fédération étatique pour au moins trois raisons.
En premier lieu, si fédération il y avait, domaine régalien réservé il y aurait. Or l'Assemblée générale - le Sénat - n'a aucun pouvoir propre que n'aurait chaque planète. Autrement dit : où est la
juxtaposition ? Nous n'avons pas connaissance d'un ordre juridique fédéral auquel se superposeraient des ordres juridiques fédérés. Bien au contraire les normes galactiques ressemblent à s'y
méprendre aux normes internationales connues (recours à la force, OMP, médiation..).
De plus, seul le gouvernement central devrait avoir la personnalité juridique internationale s'il s'agissait d'une fédération. Pourtant, il est difficile de nier que Naboo, dont la "reine" est
venue en personne "négocier" au Sénat, n'a pas la personnalité internationale. Dans la même idée il serait curieux qu'un Etat envoie des "ambassadeurs" avec mission de bons offices (Episode I) en
vue du maintien de la paix, pour éviter un conflit entre deux de ses entités fédérées. Même si les Jedi sont des gardiens de la paix, ils le disent eux-mêmes : ils ne sont pas des soldats. Il
s'agit donc bien d'une tentative de bons offices de l'Organisation en vue du règlement pacifique du différend Naboo/Fédération du Commerce, et non d'une opération de maintien de la cohésion interne
pour éviter la guerre civile.
Enfin, si on raisonne par stricte analogie, on ne peut pas considérer qu'il s'agit d'un seul Etat car cela impliquerait de méconnaître la définition du "territoire". L'espace extra-atmosphérique
ferait partie intégrante du territoire de l'Etat fédaral galactique, or cela est strictement impossible si l'on se réfère à l'article II du Traité sur les principes régissant les activités des
Etats en matière d'exploration et d'utilisation de l'espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes de 1967.
C'est donc le système impérial qui crée une véritable fédération : auparavant il ne s'agissait que d'une organisation internationale assimilable à l'ONU.

Alors, certes, le vocable employé est celui de "République", mais il est trompeur : il ne faut pas s'y fier ! Mais comme "il est dangereux de se servir d'expressions inexactes, de locutions
équivoques, de mots évocateurs d'idées fausses ou périmées [;] la pensée en est entravée et parfois elle s'arrête faute de pouvoir faire l'effort nécessaire pour percer le nuage qui la sépare de la
réalité" (N. Politis, RCADI, vol 6, 1925-I, p. 19, blablabla), je veillerai à envoyer dès demain une proposition de résolution visant à réformer la terminologie des institutions galactiques au
Sénat.

Matthews 09/05/2013 10:52

Je suis au regret de m'inscrire en faux sur l'analyse de la fédération dans StarWar par comparaison au système onusien.

Il ne s'agit pas d'une OIG mais bel et bien d'une organisation étatique fédérale. Il existe de très nombreux arguments à l'appui mais quelques uns sont incontrounables. premièrement, le système est
marqué par le principe de subsidiarité, notamment en matière de défense. Deuxièmement,la tentative de sécession est interdite et sanctionnée militairement. Troisièmement, les membres du Sénat
galactique sont bien des sénateurs et non de simples diplomates. quatrièmement, il est régulièrement question de la République galactique se qui disqualifie défintivement la qualité d'OIG. Le
trouble vient peut-être de ce que le monocamérisme a été établi au profit de la chambre "haute".
Enfin, la République envoie dans les systèmes glactiques non-intégrés des sénateurs avec rang d'amabssadeur ou en mission diplomatique ce qui permet clairement de distinguer les deux fonctions.

La comparaison avec l'ONU ou autre OIG n'est pas appropriée. La vérité devait être rétablie !

Tante Jeanne 08/04/2013 10:59

Merci AbZag de penser aux avatars! Je ne voulais pas compliquer d'avantage cette introduction au droit magique. Les avatars constituent un tiers ordre juridique magique constitués de "déçus" des
ordres du bien et du mal.
RQ: rejoindre les avatars peut constituer une infraction dans les ordres juridiques du bien et du mal. Chez les méchants: les avatars sont pas si méchants et puissants donc il faut les tuer; chez
les gentils: les avatars sont pas si gentils donc les rejoindre est interdit. Léo en fera les frais (Saison 7, épisode 16 "The Seven Year Witch")
Difficile de dire si les avatars sont régis par des règles puisqu'ils semblent toujours être d'accord sur tout. Le cadre juridique semble toutefois assez lâche (en accord avec leur philosophie de
l'Utopie): Cole modifiera le passé alors même que le chef des avatars est contre (saison 5, épisode 12 "Centennial Charmed")
Les avatars ont manifestement des visées impérialistes: quand ils installent leur utopie, la planète entière est soumise à leurs règles. Une personne facteur de conflit est irrémédiablement
"éliminée", il s'agit donc d'un Etat policier. Heureusement pour nous, cette "utopie" ne durera que quelques heures! (saison 7, épisodes 12 "Extreme Makeover : World Edition" et 13 "Charmageddon")

ABZag 06/04/2013 21:37

Palpatine le sauveur, c'est gonflé et crédible ^^
Par contre, je dois marquer mon désaccord en ce qui concerne Charmed. Il n'y a pas que deux camps, si on prend en compte la philosophie des Avatars qui apparaissent au fil d'une saison. Leur credo
s'inscrit en marge du bien et du mal. Comment les considérer alors ?

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