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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 12:01
5 ans du blog - Les discours et les photos

Le 7 juillet 2016, sur l’invitation de l’équipe de Ma librairie de droit/Le libraire de la Cour de cassation Lexis-Nexis (Place Dauphine), a été organisée une rencontre destinée à fêter les cinq ans du blog Le droit international expliqué à Raoul. Plusieurs invités de marque ainsi que des amis et lecteurs du blog ont aimablement fait le déplacement pour se rencontrer autour d’un apéritif qui s’est poursuivi jusqu’aux heures tardives précédant la diffusion du match de l’Euro Allemagne-France, à savoir environ 20h45. La France a gagné sans difficulté, pour la petite histoire, de sorte que ceux qui ont quitté prématurément la rencontre auraient gagné à rester.

Pour les malheureux qui n’ont pu participer à ce moment très convivial, je reproduis ici (avec leur aimable autorisation) la transcription des discours des invités - Jeanne Dupendant, Franck Latty, Serge Sur et Aurélie Tardieu - ainsi que le mien. Qu'ils soient vivement remerciés pour leur participation et qu'il soit noté que le ton oral de leurs interventions a volontairement été conservé. Un grand merci à Marine Escure, Michèle Pinson et leurs collègues pour cette belle opportunité de rencontre, à Aurélie Tardieu et Marine Escure pour les photos prises ce jour-là, à Sibel Cinar pour la captation audio et à tous ceux qui ont fait le déplacement, les bras parfois chargés de victuailles.

5 ans du blog - Les discours et les photos

Valère Ndior, maître de conférences à l’Université Toulouse 1 Capitole

"Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Comme vous pouvez le voir, je ne suis ni Raoul, ni Hervé Valoche… mais ils m’ont demandé de m’exprimer en leur nom. Je vous rassure, je serai relativement bref.

Bien évidemment, je voudrais adresser des remerciements appuyés à l’équipe de la libraire, notamment Marine Escure et Michèle Pinson qui nous ont très gentiment proposé de nous réunir ici afin de célébrer l’anniversaire d’un personnage de blog. Merci également à tous ceux d’entre vous qui ont effectué le déplacement, d’autant que certains sont venus de très loin : Montpellier, le Royaume-Uni... Je suis à la fois flatté et préoccupé de voir que des gens sont capables de parcourir des centaines de kilomètres uniquement pour prendre l’apéro, aussi juridique soit-il (rires).

Parlons maintenant de Raoul. Raoul Valoche est petit garçon conçu dans une chambre d’hôtel à Montréal, en 2010, lors d’un concours de plaidoirie en droit international. Un garçon d’âge variable d’un post à un autre. C’est surtout un enfant qui se pose beaucoup trop de questions, à l’occasion de querelles dans les cours de récréation ou de polémiques familiales au cœur desquelles se trouve Hervé Valoche, son juriste de père, internationaliste obsessionnel – absolument pas inspiré d’un personnage réel, cela va de soi. Raoul se pose plusieurs types de questions.

Premièrement, Raoul se demande si le droit international est négocié, fantasmé, désenchanté, contourné ou contrarié. Il se demande plus largement si la société internationale n’est pas une vaste cour de récréation globalisée dans laquelle les élèves et les groupes d’élèves se livrent à différentes activités :

  • conclure des accords visant à encadrer leur coopération ;
  • se rassembler, dans des regroupements plus ou moins formels et plus ou moins permanents tels que le conseil de sécu-récré, le club des 15 élèves possédant le plus de jeux sur Nintendo 3DS, l’organisation récréative du squatt de la table de ping-pong ;
  • délimiter ou revendiquer des territoires à l’égard desquels ils invoquent une souveraineté contestée, notamment la table de la cantine située tout près du stock de briques de jus d’orange ou le terrain de basket qui leur permet d’exprimer leur talent sportif ;
  • violer la règle de droit, en agressant par exemple les élèves du CE2B (mais ces derniers l’ont un peu cherché car ils ont mangé tous les Granola lors du dernier cross des écoles – c’était donc de la légitime défense préventive) ;
  • manifester un intérêt pour l’exploitation des ressources naturelles des uns et des autres (carambars, cartes panini, pogs et billes trouvées sur le plateau continental du préau) ;
  • vaguement tenter d’élaborer des discours tendant à démontrer qu’ils n’ont pas violé le règlement de l’école (sans emporter la conviction de la chambre plénière du conseil de vie scolaire).

Les questions de Raoul sont le reflet de celles qui taraudent les internationalistes parmi nous. A ces questions, il n’y a jamais sur le blog de réponse évidente mais, au mieux des tentatives de clarification, sous un angle léger et sans notes de bas de page.

Deuxièmement, Raoul se demande si le droit international est bien un droit ou s’il s’agit d’une chimère, voire d’une mystification universitaire, uniquement digne d’être professée dans les amphis ou d’être alignée sous forme de manuels dans les étagères des bibliothèques (rire entendu de deux/trois personnes dans l’assistance). Quelqu’un se reconnaît ! Un privatiste présent dans la pièce se reconnaît ! Bref. Le droit international relève-t-il de cette « république intergalactique rêvée par les étudiants », pour reprendre les termes de Jeanne Dupendant dans un article écrit pour le blog en 2014 ? Souvent la conclusion est hâtive et erronée : faute de parvenir à résoudre tous les conflits et crises, le droit international n’existerait pas ou ne servirait à rien, pour reprendre les termes du billet publié par le Professeur Serge Sur en 2014 sur le blog. Plus que l’utilité du droit international, c’est souvent la vocation de ceux qui l’étudient ou le pratiquent qui est remise en question. D’ailleurs, ne l’oublions jamais, c’est lorsque le juriste internationaliste se retrouve cerné par ses proches qu’il devient le plus faible et le plus sujet aux critiques. Les repas de famille, les barbecues amicaux, les kermesses constituent certainement, après BFM TV, la menace la plus immédiate pour la crédibilité du droit international (rires).

A ceux qui se posent toutes ces questions, le blog et ses contributeurs espèrent offrir du réconfort et, surtout, des éléments de querelle juridique interminable, à destination notamment des conjoints, des familles, du boulanger du quartier, inquiets de cette vocation professionnelle douteuse.

Troisièmement, enfin, Raoul s’interroge, sur l’université, sur ce microsystème, sur son quotidien, sur les relations entre ses habitants : les chargés de td sont-ils des tyrans ? peut-on envoyer un mail à son prof de droit et en réchapper ? Faut-il vraiment retenir toutes ces jurisprudences de droit administratif ? (quelqu’un dans l’assistance souffle « Oui ! » - rires) Raoul a au moins une conviction sur l’université : c’est que lors d’un colloque, il convient de ne pas dépasser le temps alloué, au risque sinon de retarder le cocktail. Il en va de même durant les rencontres en librairie, surtout lorsqu’elles sont agrémentées d’un buffet. Il sera donc plus opportun d’approfondir ces questions sur le blog ou sur un autre support, peut-être papier, au cours des cinq prochaines années.

Pour cette raison, je suis heureux de céder la parole aux parrains et marraines de Raoul qui ont bien aimablement accepté de prendre une part active à cette rencontre, dans l’ordre de passage : Jeanne Dupendant, Franck Latty, Aurélie Tardieu et Serge Sur. Je vous remercie (applaudissements)".

5 ans du blog - Les discours et les photos

Jeanne Dupendant, doctorante à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense

"Pour fêter les 5 ans du blog « Le droit international expliqué à Raoul », j’ai choisi de vous conter sa fabuleuse histoire.

C’est pleine de désarroi que je contemplais, en ce mois de mars 2010, l’édition loin d’être achevée des Echos de Montvrai dont j’étais alors rédactrice en chef. Il s’agissait d’un numéro spécial de ce discret journal becqueco-gallo-francophone consacré aux 25 ans du concours Charles Rousseau – qu’il n’est plus utile de présenter puisque Hervé Valoche l’a souvent mis à l’honneur sur son blog.

J’étais prête à passer une nuit blanche de plus à essayer de pondre un article vaguement drôle, quand un doux cliquettement me sortit de ma torpeur, j’avais reçu un message !

Il émanait d’un certain Valère, un type qui avait l’air plutôt timide, qui disait me connaitre mais pensait que je ne me souvenais pas de lui et qui se disait prêt à « aider si nécessaire, pour un article ou plus » « en termes de rédaction pour mon petit journal ». Il terminait son message par un poli « cordialement » et je m’étonnai simplement qu’il ne me vouvoyât pas.

J’encourageai poliment – mais sans grande conviction – le jeune Valère à passer à l’action et retournai au travail, assez dépitée.

A ma grande surprise, je reçus quelques jours plus tard deux articles très prometteurs intitulés « G. Dufour : "Aujourd’hui j’ai peur mais je ne regrette rien" » et « DJ Dubuisson en tournée à La Haye » (les habitués du concours Rousseau imaginent de quoi et de qui il s’agit !).

Je saluai immédiatement la « plume journalistique » de Valère et lui commandai de nouveaux articles. Il signa ainsi pour le journal les horoscopes, mais c’est une autre contribution que l’histoire retiendra et qui arriva dans ma boîte mail le 13 avril 2010.

Bonsoir [Jeanne],

Mon esprit s’est emballé sur les amici curiae et ça donne ça. Je vous laisse juges de la pertinence (et de la longueur) de l’article!

Valère

La pièce jointe contenait un article que vous connaissez certainement tous « L’amicus curiae : itinéraire d’une créature indésirable. Par V.N., Chroniqueur judiciaire. ».

Je dévorai l’article qui mettait en scène pour la première fois la famille du jeune Raoul, adolescent un tantinet impertinent mais très attachant. L’amicus curiae y était comparé à la belle-mère, c’est-à-dire – je cite « une présence rarement sollicitée, hautement contrariante pour le/la maître(sse) des lieux et assortie de prises de position quelques fois hors de propos » (rires) – fin de citation.

Je réalise 6 ans après, la chance que j’ai eu de découvrir en primeur le premier article de celui qui ne s’appelait pas encore Hervé Valoche ! La justesse de la métaphore, aussi bien pour les amici curiae que pour les belles-mères (rires), le style précis, la pédagogie de cet article m’emballèrent instantanément. Je félicitai immédiatement le jeune Valère, l’autorisai à, pour ne pas dire l’implorai de, retoucher tous les articles des Echos de Montvrai et lui proposai une promotion (rires).

Quelques semaines plus tard, je confiais à Valère toute mon admiration pour sa plume et lui conseillais d’écrire d’autres articles juridico-humoristiques, pourquoi pas en créant un blog. Il suivit mon conseil un an plus tard en lançant en juillet 2011 « Le droit international expliqué à Raoul ».

Par ce conseil, fort avisé, je m’étais mise au chômage technique car Valère 2.0 aka Hervé Valoche n’avait plus besoin d’éditrice. Néanmoins, à l’instar de ces rockstars, fidèles à leur agent des débuts ou à ces présidents normaux qui voyagent en TGV, Valère n’a jamais oublié sa jeune éditrice. En effet, ce petit rôle que j’ai eu la chance de jouer dans sa vie m’a valu le rôle fictif de sœur d’Hervé Valoche dès septembre 2011. Fidèle, Valère m’a régulièrement sollicitée pour les anniversaires du blog, y compris cette année. Voilà donc ce qui m’a offert le privilège de prendre la parole aujourd’hui devant vous au milieu de superbes têtes d’affiche.

Valère, merci pour ton amitié et longue vie à Raoul !" (applaudissements).

5 ans du blog - Les discours et les photos

Franck Latty, professeur à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense

"A mon tour je remercie Valère pour son invitation ainsi que la Librairie de la cour de cassation. Je me suis un petit peu creusé la tête pour trouver comment rendre hommage au blog pour son cinquième anniversaire.

Je me suis dit qu’il existait une manière peu charitable de le faire, sous forme de remontrances : relever par exemple que la publication de posts se fait désormais à un rythme très lent. Je remarque aussi que Valère a eu tendance à faire appel à d’autres auteurs pour alimenter le blog. J’ai donc envie de dire qu’il faut se remettre au travail !

Puis je me suis dit qu’il existait une autre manière, celle que j’ai retenue, plus bienveillante et prospective. Vous savez tous que l’auteur du blog va entrer de plain-pied dans le métier d’enseignant-chercheur. Il va entamer sa « vraie » carrière en tant que maître de conférences à Toulouse où il va prodiguer la bonne parole du droit international dans des amphithéâtres bondés d’étudiants avides de savoir – on peut rêver (rires). Cela m’a donné l’idée de relire la publication consacrée aux profs de droit qui date d’avril 2012 et dans laquelle différents profils de professeurs et de maîtres de conférences sont croqués de manière assez truculente. Parmi les différents profils identifiés par Valère, je me demande finalement quel sera le sien. Alors… (rires).

Je ne vais pas tous les passer en revue mais j’en ai relevé quelques-uns.

Premier profil, le profil « Robert Redford » qui, je cite, « a un charisme qui n'est pas nécessairement physique. Cela relève plus d'une aura, une globalité, un ensemble indivisible, un col roulé particulièrement bien fait » (rires). Je connais des collègues qui portent des cols roulés… mais je ne me permettrai pas de les catégoriser ! Valère est-il un futur « Robert Redford » ? Je me dis que le col roulé, à Toulouse, cela peut être un peu pénible. A voir.

Deuxième profil identifié, « L’élève de… ». Je cite : « Tout juriste a un maître et celui-ci ne fait pas exception. Le problème est que cet enseignant a développé un phénomène d'addiction à toutes les écritures de son maître, addiction qu'il entend bien transmettre à plusieurs générations d'étudiants. Tout développement fourni pendant le cours sera immanquablement validé par la théorie du Maître, qu'il soit mort ou vif d'ailleurs ». Le test sera peut-être de voir la place qu’occuperont les immunités dans les enseignements de Valère !

Profil suivant, « Assassin’s Creed Exterminations ». Je cite : « Cet enseignant est craint à la fois par ses étudiants, l'administration et ses collègues. (rires) Pourquoi? Tout simplement à cause de sa capacité à vous planter une lame psychologique dans la carotide ». Contrairement à certains collègues que je vous laisse le soin d’identifier, il n’est pas dans la personnalité de Valère de jouir des tortures psychologiques infligées à son prochain. Je pense donc que l’on peut évacuer ce profil. Du moins, je l’espère (rires).

Autre profil, celui de l’enseignant qui lit son manuel sur un ton théâtral. Il n’existe pas encore de manuel de droit international rédigé par Valère. On aura peut-être bientôt le « Ndior » – on l’appellera comme ça – mais, dans l’intervalle, il pourrait tout à fait lire les posts de son blog comme s’il déclamait du Shakespeare. Je ne pense toutefois pas que ce sera son profil.

Le profil Dumbledore : « le professeur le plus charismatique de votre université, voire de sa discipline, voire du Droit. Il a une longue carrière derrière lui, un certain âge (50 ans minimum) et a écrit (en dormant) des ouvrages que vous seriez incapables d'égaler même avec équipe de quatre agrégés ». Peut-être, mais bon, là, c’est un peu prématuré (rires).

Il y a donc toute une palette de portraits que je ne vais pas reprendre : Mary Poppins, l’excentrique pédagogue ; le blasé qui, je cite, « vous retournera les tripes en évoquant les jurisprudences les plus abominables de l'Histoire » ; Théophile le théoricien, un théoricien inintelligible ; Horace Slughorn, juriste un peu mondain à ce que j’ai compris ; Flash Gordon, qui débite son cours à une vitesse fulgurante au point que les étudiants ne peuvent pas suivre ; le Ministre de l’Intérieur, qui crée, assez paradoxalement un climat d’insécurité dans l’amphithéâtre (rires), etc.

Mais en réalité, Valère a déjà identifié de manière prémonitoire – le post a été rédigé en 2012 – sa catégorie, à savoir celle qui s’intitule « Le Nouveau ». Je ne résiste pas au plaisir de vous lire ce qu’il a écrit sur cette catégorie : « Comme son nom l'indique le Nouveau est nouveau. Il a récemment fini son doctorat, vient d'être recruté pour un premier poste d'enseignement et bénéficie donc de la fougue de la jeunesse, qu'il ait été affecté à sa matière de prédilection ou à une autre beaucoup moins passionnante. Peu importe, il entend faire son travail avec discipline et bonne volonté. Il sera donc ouvert au dialogue avec ses étudiants et les chargés de TD de son équipe, fera en sorte de rendre son cours intelligible et sera aussi agréable que possible avec ses collègues plus expérimentés. Cela peut durer entre deux ans et une dizaine d'années selon la nature profonde du Nouveau ».

Sous-entendu : entre deux et dix ans après son recrutement, il sombrera lamentablement (rires) dans une autre catégorie que Valère décrit comme pouvant caractériser ensuite éternellement les traits de nos collègues. J’ai réalisé en lisant cela que cela fait pile dix ans que je suis entré dans la carrière d’enseignant-chercheur « titulaire »… (rires). Je ne suis donc plus un Nouveau, c’est sûr et certain, mais je préfère ne pas savoir dans quelle catégorie j’ai sombré. S’agissant de Valère, je pense qu’il faudra sans doute inventer, rédiger un profil sui generis : le profil de celui qui a « l’esprit Raoul ». Evidemment, je n’ai plus le temps de vous parler de l’esprit Raoul, de chercher à le définir, mais je pense que vous avez tous deviné de quoi il s’agit et peut-être que quelqu’un d’autre le fera après moi… Quoi qu’il en soit, je souhaite un très bon anniversaire au blog !" (applaudissements).

5 ans du blog - Les discours et les photos

Aurélie Tardieu, maître de conférences à l’Université de Caen Basse-Normandie

"Cher Valère, cher Hervé, cher Raoul, merci de m’avoir conviée à partager les cinq ans de valocheries, de valochades, qui font le plaisir des étudiants, des enseignants et aussi de ma mère, qui est une assidue du blog. Chose amusante : aujourd’hui c’est la Saint-Raoul mais aussi la Sainte-Edda, donc également la fête de ma mère.

Merci pour les étudiants. Souvent, les étudiants vont sur la toile et on regrette de les voir demeurer « wikipèdes », en d’autres termes, ils tâtonnent et restent généralement sur Wikipedia... On est toujours heureux de voir qu’un d’entre eux va, à un moment donné, découvrir le blog et, petit à petit, faire des émules, lancer un mouvement d’adeptes du mouvement raoulien (rires). Une nouvelle secte est en cours de création.

Merci également pour les non-juristes. Je repense beaucoup à mes années de doctorat, à ce moment où l’on est avec des non-juristes à une table et où vient la question « Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? » (rires). « Alors, je fais une thèse… ! ». Bonjour, j’ai 27 ans, je suis étudiante, ça commence bien (rires). Ensuite, « dans quelle matière ? ». « Le droit international public », ça se passe bien au départ, on peut parler de l’actualité mais il y a toujours un moment où quelqu’un va dire « Ah, j’ai une question en droit, au sujet de mon divorce, de mon dégât des eaux » (rires). Là, on n’est pas très très aidés… J’aurais bien voulu pouvoir leur tendre l’adresse du blog en me disant « Il ne sait pas qui est Raoul mais ça va venir ».

Puis arrive le moment où vous devez présenter votre sujet de thèse. Le mien fait 21 mots (j’ai compté) dont un adage latin. J’ai dû expliquer que la lex specialis n’était pas une maladie honteuse, qu’elle ne s’attrape pas en partageant un mojito (rires), qu’on peut éventuellement, après avoir bu quelques bières se lancer dans ces études-là, et si l’on boit beaucoup de bières, on peut même voir du jus cogens, mais je ne suis jamais allée jusque-là, j’ai toujours gardé ma dignité (rires ou « roooh » dans l’assistance, applaudissements d’une personne non identifiée).

Merci de montrer aux juristes de tout poil – là j’avais commencé une petite nomenclature un peu capillotractée  des juristes par discipline (poil dur, poil long…) mais je me suis dit que je n’avais que cinq minutes et qu’il n’était donc pas nécessaire de vous en faire profiter. Je disais donc merci de leur montrer que nous, internationalistes, sommes aussi des juristes, que le droit international public est une vraie discipline juridique qui s’appuie sur des éléments concrets, et que discipline et humour peuvent faire bon ménage. J’ai connu d’autres personnes qui savaient conjuguer discipline et humour mais ne le faisaient pas nécessairement volontairement…

En tout cas Raoul a bien de la chance d’avoir Hervé pour père et on enviera surtout ses étudiants (applaudissements)".

5 ans du blog - Les discours et les photos

Serge Sur, professeur émérite de l’Université Paris II Panthéon-Assas

"Je suis très heureux d’être là et de pouvoir vous féliciter à la fois pour le blog et pour votre nomination à Toulouse, qui va vous donner une base très solide pour enseigner.

Il se trouve que je ne suis pas un lecteur très assidu du blog, je le lis de façon intermittente, mais j’ai eu le privilège d’y écrire. Je pourrais donc me borner à répéter ce qui y est écrit, notamment les deux anecdotes qui illustrent l’évolution du droit international et de sa perception.

La première anecdote relate la rencontre entre Clemenceau et Wilson à la fin de la Première Guerre mondiale. Wilson fait l’éloge de la protection offerte par le droit international. Clemenceau lui montre le poulet rôti qui fait l’objet de leur dîner, et lui répond : « Regardez ce poulet rôti, il croyait au droit international » (rires). C’est une formule qui s’est vérifiée par la suite, l’année 1940 en est la démonstration.

Il y a une deuxième anecdote, beaucoup plus tard. Le juriste anglais Ian Brownlie est à La Haye pour y assurer, je crois, le cours général et dit à ses étudiants « Vous ne croyez pas au droit international ? Vous avez tort. Regardez le parking, vous allez y voir une Rolls. C’est la mienne. Voilà bien la preuve que le droit international existe ». C’est devenu une discipline qui nourrit beaucoup de gens. Beaucoup de gens (rires). Je ne sais pas si elle règle les problèmes de fond mais elle remplit déjà un office extrêmement satisfaisant pour nous tous (rires).

Mais je ne voudrais pas continuer dans une approche professionnelle. Je voudrais plutôt dire un mot sur l’enseignement.

Au fond, le problème qu’on a est le suivant : comment enseigner le droit international ? Il y a plusieurs types d’approches. Je vais reprendre des nomenclatures puisqu’après tout, on y a pas mal recouru – pas les vôtres, mais elles vont peut-être se recouper en partie. J’espère ne choquer personne mais je dirai qu’il y quatre approches possibles – il en existe certainement d’autres – mais ce sont les quatre auxquelles je songe.

La première est l’approche militante. C’est une approche qui est assez répandue, elle consiste à militer pour un bon droit international, celui qu’on imagine comme étant le droit international parfait, dont on s’étonne qu’il ne se soit pas encore réalisé et dont on se propose de contribuer à la réalisation. Je considère que c’est la maladie infantile des internationalistes et malheureusement elle affecte un certain nombre de collègues, pas nécessairement les plus jeunes. Je vous mets en garde contre les approches militantes du droit international qui peuvent apporter une satisfaction narcissique mais qui n’apprennent rien à personne et peuvent induire en erreur.

La deuxième approche possible est l’approche dogmatique. [à Franck Latty] Au fond, vous y avez fait allusion lorsque vous avez mentionné l’enseignant et ses Maîtres. L’approche dogmatique consiste à considérer que l’on a déjà résolu tous les problèmes parce que quelqu’un les a déjà posés et solutionnés – on se place donc dans son ombre ou l’on développe sa propre doctrine. Ce n’est pas vraiment une démarche militante car on est ici plutôt sur un registre intellectuel : on va vouloir caser le droit international dans un système que l’on aura construit et qui sera aussi clos que possible. Je dirais que c’est une approche adolescente, parce qu’on a besoin de sécurité intellectuelle et on tend volontiers à se reposer sur un système clos. En plus, cela permet de se débarrasser du droit international parce que, contrairement à Valoche, on ne se pose plus de questions. On a les réponses. A partir de là, on peut tranquillement aller au cinéma, vaquer à ses occupations et ne plus s’en soucier, alors que le droit international est une discipline qui conduit – Raoul en est la parfaite illustration – à se poser des questions.

La troisième approche est esthétique. Pour ma part, c’est celle que je préfère, tout en reconnaissant qu’elle est personnelle et qu’elle est un peu égoïste, évidemment, parce que le droit international peut procurer beaucoup de plaisir intellectuel. C’est une très belle construction intellectuelle. Il existe en effet des formules de la Cour internationale de Justice, des expressions de traités, qui sont parfaitement élégantes, qui sont agréables à lire et que l’on retient. On peut donc se baigner dans l’édifice du droit international, dans la piscine du droit international, comme on suit un opéra. Il y a une beauté de ce droit. On peut l’aimer pour cela, essayer de faire partager ce plaisir et cet amour. Evidemment, on n’en attend pas forcément de grandes réalisations pratiques, on est content lorsqu’elles se produisent mais ce n’est pas là l’essentiel. Cette approche-là est déjà, à mon avis, une approche adulte.

Il existe enfin une quatrième approche, c’est celle de Valoche, l’approche ludique, certainement la plus didactique, la plus pédagogique, parce qu’elle apprend tout en jouant. Mais le jeu est une chose sérieuse, le jeu obéit à des règles, le jeu n’est pas un pur divertissement, il comporte toujours un enrichissement intellectuel. Et lorsqu’on lit attentivement ce blog et les différents posts qui le composent – je ne les ai pas tous lus mais j’en ai lus certains –, on est frappé par la qualité des raisonnements qui y sont suivis, par la réalité des problèmes qu’ils soulèvent. C’est donc un véritable exercice d’enseignement, pas un simple divertissement. On pratique d’ailleurs beaucoup le jeu en droit international et ailleurs. [à Jeanne Dupendant] Vous mentionniez par exemple le Concours Rousseau. Ce concours est le type même du jeu qui est organisé pour perfectionner la connaissance et éventuellement favoriser le développement intellectuel, en tout cas pour former des esprits. Et je crois que ce blog contribue très largement à la formation, non seulement des jeunes esprits, mais aussi des vieux esprits comme le mien. Merci."

(applaudissements)

Notons que "@BetterCallBen" lui-même était venu avec son célèbre "Firebolt"!

Notons que "@BetterCallBen" lui-même était venu avec son célèbre "Firebolt"!

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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 15:10
40 arrêts qui vous feraient (encore plus) aimer le droit administratif

Il était une fois, dans une université lointaine, un étudiant fraîchement titulaire de sa première année de Licence en droit, nommé Raoul Valoche.

Malgré une noble ascendance juridique, Raoul n’était pas vraiment un bon étudiant… mais il n’était pas mauvais non plus. Il avait, selon des rumeurs persistantes confirmées par ses chargés de TD, validé son semestre au ras des pâquerettes grâce à un généreux système de compensation et aux petites matières que des révisions de dernière minute lui avaient permis de s’approprier durant au moins une matinée (avant de les oublier à tout jamais).

Survivant, mais pas encore diplômé, Raoul avait appris grâce à ses aînés qu’une certaine matière de deuxième année de Licence risquait de mettre un « coup de Beauvoir » à son avancée vers le titre de Licencié. Une bonne âme lui expliqua que c’était plutôt de « butoir » qu’il s’agissait et que, dans tous les cas, il finirait licencié, en droit ou par la fac selon son investissement.

Tourmenté par cette perspective peu joyeuse, Raoul s’apprêtait à passer un été bien désagréable (moins cependant que celui des étudiants dont les rattrapages ont lieu en septembre malgré la réforme du calendrier des examens). Heureusement, un camarade bien informé, car membre du syndicat étudiant majoritaire, lui recommanda d’aller consulter le vieil ermite local, « Alphonse » afin de quérir conseil. Après tout, « Alphonse sait tout ».

Alphonse était qualifié de « vieux fou du CROUS » par beaucoup d’étudiants car c’est à une table de la cafétéria que résidait, de 9h à 17h15, cet homme barbu et sénile, peut-être SDF, dont les activités hors de l’Université étaient inconnues. Les services de sécurité de l’Université toléraient sa présence car il avait une maîtrise inexplicable du droit du travail et des questions d’hygiène et de sécurité ; les enseignants le craignaient car il connaissait les deuxième et troisième prénoms de chacun d’entre eux ; les étudiants le respectaient car on disait qu’il pouvait répondre à n’importe quelle question de droit public en échange de cookies ou de vieilles éditions d’ouvrages juridiques. Certains racontaient sur la page Facebook des L3 parcours indifférencié qu’il vivait en réalité très bien et qu’il avait été aperçu entrant dans un hôtel particulier du 2ème arrondissement parisien, mis à sa disposition par sa rentière de famille.

Sa barbe hirsute compromettait toute forme d’évaluation de son âge – il aurait aussi bien pu avoir 27 ans que 32, n’ayant donc de « vieux » que l’apparence – au point que les Masters 2 l’appelaient affectueusement « Hipsteriste » (Hipster-Juriste). Tout ce que l’on savait de lui, c’est qu’il avait perdu la raison après avoir planché en vain sur un sujet particulièrement retors de droit des collectivités territoriales – une jurisprudence de droit… argentin, en langue originale – quelques années plus tôt. A la fin de l’épreuve, il avait fallu les énergies conjuguées de deux surveillants et d’un agent d’entretien passé par là pour le décrocher de sa table et récupérer sa copie. Les autres étudiants de la promotion s’étaient enfuis en criant ou en pleurant, persuadés que le fait de déclamer à tue-tête, dans l’ordre chronologique et en boucle toutes les décisions du Conseil d’Etat entre 1996 et 1999 ne peut que signifier que l’on vient d’être possédé par le démon.

Comble de l’ironie, Alphonse avait obtenu 18 sur 20 (les autres notes déclinaient du 9 vers le -5, parfois accompagnées de la mention « Vous êtes un(e) crétin(e) ») mais le sujet l’avait définitivement traumatisé. Comme si le sort avait voulu s’acharner sur lui alors qu’il était parti « changer d’air » à la Dune du Pilat, il avait trébuché sur un vieux GAJA oublié là et dévalé toute la dune sous les regards horrifiés des badauds et de leurs abonnés : la vidéo avait notamment donné lieu à 5600 vues sur le réseau social Vine et presque autant sur Youtube (le GAJA coupable, récupéré par un passant et mis en vente sur eBay, avait été revendu 357 euros après des enchères acharnées)

C’est là que la folie d’Alphonse, latente, avait apparemment été révélée au grand jour, notamment parce qu’il avait décidé – selon les archives de la gazette de l’Université – de se présenter directement et physiquement devant le Conseil d’Etat afin d’y demander que soit engagée la responsabilité de la commune de La Teste-de-Buch, de son office de tourisme et de la vacataire qui, y officiant, lui avait recommandé d’aller découvrir la Dune du Pilat.

Une bien sombre histoire dont seul Hervé Valoche semble connaître les détails et qu’il révélera certainement un jour sur ce blog. Mais passons.

Comme l’exigeait la coutume (locale, constituée par opinio juris et par une pratique répétée, gén… euh, pardon). Comme l’exigeait la coutume donc, Raoul fit à Alphonse une offrande en cookies nougatine (il ne fallait surtout pas lui offrir de marque distributeur sous peine de prendre une mandale) et lui posa la question qui le taraudait : était-il possible de survivre au droit administratif sans maîtriser la jurisprudence ?

Le « vieil ermite hipsteriste » ricana d’une voix anormalement jeune et lui fournit une réponse si longue qu’elle semblait tout droit sortie du manuel Le Droit administratif à travers les âges, qui fêtait à l’époque sa 19ème édition, remaniée, avec les derniers développements relatifs à la réforme de la procédure devant les tribunaux administratifs et aux apports de la jurisprudence dite de la Feria lilloise (cf. pp. 145-152) :

« Tout bonnement impossible, il faudra les maîtriser dans les moindres détails, ce malgré leurs intitulés peu… avenants. Juridiction, année ET appellation ».

Raoul laissa échapper un juron de dépit.

« Il y aura naturellement toutes ces collectivités charmantes dont les habitants, les entreprises ou les associations ont décidé de causer la perte. Outre les grandes villes, tu ne saurais occulter les patelins tels que ceux qui ont donné naissance aux jurisprudences des communes de Champerou-Plage, Vernouille, à ne pas comprendre avec Vernouillet-les-Jardins (sauf à vouloir relancer la querelle doctrinale historique des Professeurs Gotrin et Cristofis...), Bergrolles le Pouillou, Sainte Gemme du Moron, Bouxigny-Prouée-sur-Rosnais (les étudiants n'ont jamais trop su comment prononcer, je l’ignore moi-même), Mimaulette, Gambaites-les-Bains, Le Boulay, Gambéseuil (ce fameux souci avec la résidence secondaire d’une royauté qatarie), Pognée la Forêt et Bleumotte… à ne pas confondre avec l'arrêt Mottebleue (rare cas de jurisprudences jumelles dans lesquelles la victime, n’étant pas en mesure d’indiquer avec certitude quelle commune lui avait porté préjudice, avait, dans le doute, décidé de s'en prendre aux deux, au mépris de considérations procédurales élémentaires : voir en ce sens la note AGDA 1987).

Méfiance en passant : les pauvres hères qui officient en Licence 2, parfois induits en erreur par la sonorité exotique de certaines jurisprudences, tendent à altérer leur orthographe. Je pense notamment aux jurisprudences des communes de Houachineton ou de Coualeux L'impure. Prends également garde à la filière des jurisprudences dites « Insère ce que tu veux - sur Orge » qui, contrairement à ce que l’on pourrait penser, n’ont pas toutes de rapport avec le lancer de personnes de petit gabarit. Tu retiendras ainsi que la jurisprudence Sucrerou sur Orge est relative aux modalités discutables de dissolution de l’association locale des sosies de David Ginola et que celle de Kandérel sur Orge porte sur un problème de contrat administratif. Pas de nain là-dessous, aussi petit soit-il.

Les associations seront tes meilleures amies car les noms des jurisprudences qui leur sont associées sont généralement plus simples à retenir : je pense par exemple à Parisiens du 8ème en colère (attention, il y aussi une jurisprudence Huit parisiens en colère, généralement raillée par la doctrine), Association des amis de Nabilla, Courses de tondeuses et débroussailleuses, Taxidermistes lyonnais, Fédération des derviches tourneurs de la rive droite (qui ne connait pas de pareil rive gauche), Club des Entomologues de St-Raphaël ou Club de water-polo nudiste.

Tu auras plus de mal lorsque tu seras confronté aux lieux insolites du droit administratif, d’autant qu’il est fort peu probable que tu t’y aventures un jour (sauf à configurer ton GPS sur « éviter tous les péages ») ou que tu en entendes parler dans les médias autres que locaux : Château Le Graveleux, La Fierté Samaire, Zone industrielle des Corvées, Moulin de Champignard, Zone industrielle de la Bavette ou Lieu-dit du Panier Percay, également appelée, entre érudits, l’affaire de l’Usine des panneaux réfléchissants : il faut rappeler qu’un génie du conseil municipal - une « lumière » selon les termes du Doyen Cristofis - n'avait pas envisagé que la présence d'une usine de panneau réfléchissants à proximité d'une voie de circulation puisse avoir des vertus éblouissantes, pour le plus grand déplaisir des automobilistes locaux.

Tu devras jongler entre les institutions du service public et les enseignes du secteur privé, unies pour accroître annuellement le volume des recueils de jurisprudence. Récemment, la doctrine a été contrainte de s’intéresser à des affaires peu stimulantes comme celle du Groupe scolaire « Les petits bolosses », du Club canin - Les Molosses (à ne pas confondre avec la jurisprudence précédente même s’il y a eu morsure dans les deux cas et quoiqu'un manque ultérieur de diligence chez le personnel du groupe scolaire ait impliqué une rencontre des uns avec les autres), du Musée du RER, de la Discothèque de Grosgouffre, du Garage Sam Inasseri, du Centre Tracteur Discount, du Casino Widetepotch, de la Foire à la Mortadelle, de Jacky Motos, des Poteries artisanales du Lionceau ou de la Laiterie de Bagnolet (qui, contrairement à ce que l’on pourrait penser, est liée à l’organisation sauvage en son sein d’une rave par des collégiens sur Facebook et non pas à la découverte antérieure du caractère avarié du lait qui y était produit – cet aspect a été réglé par la voie politique).

Comme toujours, enfin, tu n’occulteras pas les plus discrets des justiciables, dont les noms restent gravés dans les mémoires des administrativistes : la Dame Foirfouille (qui, de manière intéressante, est également connue des privatistes en raison de ses nombreux conflits avec l'enseigne éponyme), les Époux Crottin, les Epoux Corollaire, le Sieur Quérulent, le Sieur Vindicatif (à ne surtout pas confondre avec la jurisprudence Lin Dicativ) ou la Dame Tipeixe qui suscite régulièrement le doute chez les étudiants à cause de sa proximité terminologique avec la bien plus célèbre affaire Blanco ».

Raoul eut une moue dubitative :

« Quelle est donc la technique pour retenir tout ceci ? Il doit bien y avoir une méthode ou une drogue… ».

Alphonse secoua la tête d’un air blasé et lui tendit un paquet de fiches bristol.

« Il faudra ficher ».

 

[Pour trente autres arrêts qui vous feraient aimer le droit administratif, voyez cet ancien billet].

Merci aux camarades du site Les Chevaliers des grands arrêts pour leur coup de pouce dans l'exploration des routes "secondaires" de France.

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Published by Hervé Valoche - dans Vie Universitaire Pause Valoche
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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 11:49

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Chers aventuriers du droit (international),

 

Ce petit blog, constitué à l’origine pour répondre au défi d’une collègue, a aujourd’hui deux ans. Il a grandi et prospéré à l’instar d’un certain Raoul : plusieurs articles sur les concepts et institutions du droit international, quelques « Brèves de comptoir » sur l’actualité internationale, des dossiers sur les fictions, d’autres sur la vie universitaire avec l'objectif, toujours, de rendre le propos accessible aux non-juristes. Raoul sort progressivement de l’enfance, fait son entrée dans l’adolescence 2.0, commet quelques bévues mais tente globalement de s’améliorer, d’un point de vue plus qualitatif que quantitatif.

 

Cette longévité inespérée ne cesse de me ravir, d’autant plus que ce blog est une bouffée d’air frais dans mon quotidien de jeune chercheur. Je me dois donc de remercier d’une part les visiteurs, d’autre part les contributeurs occasionnels qui permettent de diversifier agréablement ce blog (comprendre : « contrecarrer mes théories fumeuses »). Je remercie aussi Overblog car il faut fayotter un peu (et il est pratique de ne rien avoir à payer lorsque l’on administre un blog qui ne nous rapporte rien).

 

J’ai longtemps réfléchi à ce que j’allais faire pour les deux ans du blog. Après une mûre réflexion j’ai trouvé ce que je ferais pour les… trois ans du blog, ce qui à défaut d'être utile laisse entendre que les trois ans seront épiques (?). Wait for it…


Réalisant que je pouvais difficilement égaler l’émission de radio élaborée l’été dernier (faute de temps, d’énergie et de chroniqueurs à martyriser), je me suis dit que j’allais faire moins bien MAIS transversal. J’ai alors hésité entre plusieurs procédés... sans réussir à les départager.

 

Pleutre, j’ai donc décidé de tout garder : de l’universitaire, du droit international, du droit tout court et du wtf, grâce au « Petit dictionnaire juridique du monde de Raoul », lequel n'a pas d'autre prétention que de revenir sur / compléter / approfondir nos aventures des derniers mois. J’espère que cela distraira utilement ceux d’entre vous qui lézardent sous les parasols et offrira une bouffé d’oxygène aux travailleurs estivaux :)

 

J’en profite pour vous prier de pardonner, par avance, la rareté de mes échanges avec vous au cours des quelques mois à venir. Thérèse et moi devons bientôt officialiser...

 

Un bel été à vous. N’oubliez pas vos K-way, on ne sait jamais.

 

Votre serviteur

 

A


Administratif : 1. Droit qui fait souvent souffrir à l’excès. Méthode efficace de réduction des effectifs étudiants dans les facultés de droit. Voir les statistiques relatives aux jurisprudences les plus fatales aux étudiants dans le manuel de Droit administratif de Laubrie, Montclerc, Sinarre, Michal et Létiole : CE, Société printanière Otto N. & Yves R., 30 février 1957 ; CE, Société commerciale Vincent Poursan et Alambic Dieudonné Corydon, 1960 ; CE, Communes Bouc Étourdi et Arnac-la-Poste, 2001 ; CE, Association des X-Men Interimaires du Lieu-dit Dasqualie, 2013 ; CE, Dame Stairedamme, 1968 ; CE, Commune Bouteÿ-alamaire, 1956 ; CE, Dame Ourédaufrêche, 1949 ; CE, Commune de Canarcourt-sur-Patte, 1984 ; CE, Les Chevaliers paysans de l'an mil au lac de Paladru, 1000.

2. Membre du personnel administratif. Voir « Administration ». 

Administration : Structure organisée pouvant garantir le succès ou la perte des membres du milieu universitaire. Est parfois fermée, généralement aux moments critiques.

Ambassade : Refuge pour Julian Assange et autres individus en cavale. Enceinte diplomatique, accessoirement.

Amphi : Lieu de torture cérébrale, toujours trop petit ou mal isolé. Rempli d’étudiants. On y capte parfois, plutôt rarement, le wifi.

Anne-Paquerêtte : Petite amie récurrente de Raoul durant son adolescence, dans le genre Loïs et Clark ou Ross et Rachel. Sort parfois avec Alexandre Van Der Carpe pour faire bisquer Raoul. Ses ennemis (et Hervé Valoche) l’appellent « Anne PQ ».

Arme : Obsession récurrente de l’auteur de ce blog, surtout lorsqu’elle fait l’objet d’un traité (bim et bim). Voir également « Stylo rouge ».

Arnold : Voisin de la famille Valoche, riche et marié à une femme d’origine asiatique nommée « Seïji » (voir « CIJ »). Son 4x4 fait la taille du salon des Valoche. Gentil mais pédant et bien trop musclé.

 

B


Belle-maman : Amicus curiae indésirable. Aurait souri pour la dernière fois en 1993.

BMIJ : « Barbecue-Margarita Inter-Juristes » organisé chez Hervé Valoche à intervalles réguliers. Tourne toujours en querelle doctrinale. Prononcer « Bémij ».

Bonne foi : 1. Concept juridique étudié exclusivement lorsqu’il est violé. 2. Facteur de dissension au sein du couple.

 

C

 

Canards Albinos : Champ matériel d’application du Traité sur la protection des… Voir le COUIN.

Cas pratique : Exercice dont la correction tourne généralement mal. Moyen pour les étudiants de torturer leurs enseignants. Voir des exemples ici.

Charles Rousseau : Nom d’un célèbre juriste en droit international et d’un concours éponyme de procès simulé en droit international, auquel ont participé Hervé puis Raoul. Origine indirecte de la naissance de Raoul.

Chef d’Etat : Mec qui, lorsqu’il fait une gaffe, entraîne tout un peuple dans sa chute.

CIJ : Juridiction internationale. On y règle ses comptes entre Etats ou entre voisins, selon les cas.

Clos aux merles : Ecole primaire de Raoul Valoche. Lieu d’expérimentation de différentes théories sur les organisations internationales (ONU, OMC, etc.). La classe de Raoul semble y faire sa loi. Voir l'exemple des Casques Bleu.

Clos du Lotus : 1. Quartier pavillonnaire à la Wisteria Lane dans lequel vivent les familles Valoche, Van Der Carpe, Tronbe, Seveso, Salini et alii. 2. Lieu d’expérimentation de différentes théories sur les territoires et compétences des Etats. 3. Lieu de conflits botaniques où les nains de jardin semblent proliférer.

Colloque : Evènement thématique qui précède un cocktail. Facteur de rassemblent de copains juristes, à distinguer du « BMIJ » (voir supra).

Cour d’appel de Riom : Juridiction « lol » pour un juriste.

Cujas : 1. Temple du droit, lieu d’ascèse ou de drague. 2. Passage (obligé) de répression organisée pour de nombreux jeunes juristes innocents. 3. Lieu de manifestation d’un micro-climat surnaturel. Voir « Météo ».

 

D

 

Depardieu : Elite migratoire. Incontinent dès qu’il prend l’avion.

Douze : Bonne note, en droit.

Droit : Si tu n’en fais pas, tu es moins bien que moi.

Droit international : Raison d’être de ce blog. Matière noble que l’on commence généralement à étudier en espérant devenir ambassadeur, Secrétaire général des Nations Unies ou dans le but d’obtenir une quelconque immunité diplomatique / fonctionnelle. Spécialité d’Hervé Valoche, Raoul Valoche, Sabrin Rochas, Jeanne Duhaprès, Edouard Starque, etc. Les juristes de la discipline sont généralement les plus funky de la faculté.

 

E

 

Edouard Starque : Maître d’Hervé Valoche et de Sabrin Rochas. Ponte du droit international, originaire de Picardie.

Enseignant en droit : Bourreau et victime des étudiants en droit. Catégorie englobant les profs, maîtres  de conférences, chargés de TD (quelle que soit leur légitimité).

Etudiant en droit : Sujet d’étude – autant que visiteur – récurrent de ce blog. Bourreau et victime des enseignants en droit. Relève du divers et du varié. Tente parfois le suicide universitaire par envoi de mail.

Eurovision : Terrain d’expérimentation et d’analyse de la géopolitique sous un angle a priori musical. Voir la Théorie de Jarod Sakay.

 

F

 

Facebook : Lieu chronophage dédié au débat juridique en plus de 140 caractères. Enseignants et étudiants s’y font parfois Spotted malgré eux, voir « Spotted » infra.

Fiction : 1. Biais télévisuel ou cinématographique employé par Hervé Valoche et ses comparses pour développer des théories fumeuses en droit. Voir les dossiers Fiction et Droit international I et II, ou les analyses (voire les dissidences) sur le Seigneur des Anneaux. 2. Divertissement récupéré par l’étudiant en streaming ou en torrent lorsqu’il souhaite sacrifier ses notes de partiels.

Fiscaliste : Guilde de juristes ayant des connaissances mathématiques, contrairement aux autres. Bouc-émissaires récurrents des autres juristes.

Frappe Valoche : Réaction appropriée à une aberration juridique. Tout visiteur du blog est titulaire de son droit d’usage, en cas de besoin.

 

G

 

Gereremayeh : Fête religieuse du Huberistan (25 décembre) à l’occasion de laquelle les enfants du royaume sont au service de leurs parents du lever jusqu’au coucher du soleil. On y mange généralement des beignets d’asperge.

 

H

 

Hervé Valoche : Juriste en droit international, consultant juridique irrégulier, probable enseignant en université, auteur présumé du blog. Père de Raoul et Jacques, époux de Lucie, fils de Pierre et Martine. Cynique un peu soupe-au-lait qui fait parfois le mal pour parvenir au bien. A décidé que tout le monde devait comprendre le droit international, de gré ou de force.

Huberistan : Patrie de Selim, le camarade d’adolescence de Raoul (voir « Selim »).

 

I

 

Instagram : Procédé permettant de rendre un Code civil ou un colloque sur la subjectivisation de la cause, beaucoup plus sexy.

 

J

 

Jacques Valoche : Second fils de Raoul. Geek profond, niveau 97. Poste parfois sur le blog dans le cadre des « Brèves de comptoir » réalisées pour son projet personnel de 4ème. Ne veut surtout pas devenir juriste.

Juriste : Voir encadré infra. Cette entrée mérite développement :

Un vrai juriste…

1. …porte ostensiblement un ouvrage de Droit sous le bras, afin de dévoiler au grand public sa nature profonde de juriste dans le bus 318 (règle d’Atlas).

2. …, lorsque vous lui demandez ce qu’il fait dans la vie, répond qu’il est juriste, précise sa spécialité, son niveau, sa dominante et sa fac, bien que vous ne lui en demandiez pas tant (règle de l’ECTS).

3. …ponctue sa phrase de termes latins terriblement dispensables tels que « in fine » (règle de l’in fine).

4. …déclenche et participe à des débats qui n’intéressent que lui et ses confrères juristes, tel que celui relatif à la subjectivisation de la cause. De quoi mettre l’ambiance à table au dîner de tata Huguette (règle de la réforme sur la fiscalité du patrimoine).

5. …invoque la théorie des vices cachés s’il réalise s’être fait entuber après avoir acheté un vêtement (règle de Tati).

6. …traverse la route alors qu’un bolide menace de griller le feu rouge et annonce à ses compagnons (alertés) que s’il meurt il sera dans son droit grâce au régime de 1985 (règle de « je suis mort mais tu avais tort »).

7. …traite les journalistes d’ignares lorsque ces derniers n’utilisent pas les termes adéquats (règle de Pujadas).

8. …voit la proportion de juristes grimper en flèche dans ses soirées d’anniversaire, crémaillère, etc. au fil des années, au point que les gens normaux deviennent rapidement minoritaires (règle de la soirée traquenard).

9. …y réfléchit à deux fois avant de porter un T-shirt pour se rendre à la fac, de peur d’être jugé par ses pairs (règle de la Fashion Police).

10. …est souvent devenu juriste à cause d’Ally McBeal, Engrenages, Law and Order ou Boston Legal… et a été grandement déçu en découvrant leurs équivalents français (règle de l’exception culturelle).

11. …invente des faux arrêts de droit administratif pour rigoler avec ses confrères juristes (règle de l’arrêt Notre Dame de la Murge).

12. …connaît les – foireuses – soirées inter-juristes (règle de la Night « Law Me, I’m Famous »).

13. …déçoit toujours les non-juristes qui, ivres, s’évertuent à lui poser des questions sur tout sauf sur son domaine de spécialité. Règle non applicable aux juristes de droit social qui font l’objet de considération parmi leurs proches (règle du « Dis Alceste, vu que tu fais du droit… »)

14. …vous fera d’ailleurs perdre un temps considérable s’il commence à s’interroger sur les dissensions doctrinales relatives à la question que vous lui avez posée (règle de l’approche dualiste).

15. …subit de grands moments de solitude lorsqu’il est le seul à s’extasier devant l’apparition télévisuelle de Robert Badinter ou tout autre juriste célèbre assimilé/assimilable (règle du pygmalion sectaire).

16. …, lorsqu’il est de sexe masculin, est l’un des rares hommes à se réjouir à l’idée de porter un jour une robe (règle du travestissement).

17. …, se dispute en deux parties, deux sous-parties (règle du Stocri).

18. …n’a pas la même vision du « X » que la population normale (règle du fétichiste de l’inconnu).

19. …conspue les autres catégories de juristes, alternativement considérés comme planqués/carriéristes/rigoristes/hippies/avides/ennuyants/fétichistes des poneys, etc (règle des ethnies juridiques).

20. …aime placer dans des phrases un mot qu’il n’avait encore jamais entendu la veille, tel que « subséquemment » ou « péripatéticienne » (règle du petit Robert).

21. …se considère comme un bon parti pour les non-juristes (règle de Greg le Millionnaire).

22. …parvient à clasher autrui durant cinquante commentaires sous un statut Facebook, au sujet d’une divergence doctrinale, alors que le statut précité annonçait l’adoption par son auteur d’un chaton nommé « Peanut » (règle du monomaniaque).

23. …a appris à réprimer son ego lorsqu’il a eu ses toutes premières tôles en fac de Droit (règle du 4 sur 20).

24. …sait, du coup, ce que vaut un 12 sur 20 (règle du 16).

25. …a fréquenté régulièrement (ou au moins entendu parler de) la bibliothèque ultime des juristes français dont les températures extrêmes sont légendaires (règle de Cujas).

26. …a déjà critiqué les juges d’une juridiction suprême française, « individus décadents pas fichus de faire convenablement un syllogisme juridique » (règle de l’incompétence des juges).

27. …sait ce qu’est un syllogisme juridique (règle de Socrate le chat).

28. …décortique très souvent, du début à la fin, les termes contractuels de sa carte de fidélité Super U, au grand dam de la caissière (règle du monomaniaque II)

29. …a perdu un dixième de sa vision ou 10% de sa capacité d’écriture, ou les deux, au cours de ses études (règle du rescapé de guerre).

30. …a déjà menti, triché, trompé ou volé pour réussir ses études de droit (règle du cas pratique mangé par Choupette).

31. …connaît la valeur d’une nuit de huit heures de sommeil.

32. …utilise « en l’espèce » lors d’une discussion relative au dernier épisode de « L’Amour est dans le Pré » (règle de la déformation professionnelle).

33. …a souvent commencé à fumer et/ou à boire durant ses études sous l’effet d’un stress excessif et continu (règle du « Thank you for smoking »).

34. …a compris et réfléchi à toutes les implications juridiques de la constitution de la Communauté de l’Anneau, malheureusement pour ses amis non juristes (règle du Hervé Valoche).

35. …sait assimiler 500 pages en une nuit… ou du moins feindre de l’avoir fait (règle du ‘Précis’ Dalloz).

36. …ricane d’ailleurs lorsqu’on évoque en sa présence la longueur excessive d’un roman (règle de l’Ordre du Phoenix)

37. …est peut-être un membre du gouvernement précédent.

38. …a une opinion très claire sur « stipule »/ « dispose » et est prêt à couper la main d’autrui pour défendre son point de vue.

39. …sait que jamais poète n’a interprété la nature aussi librement qu’un juriste la réalité (règle de Busiris).

40. …se caresse le menton et prend un air de concentration intense lorsque le Garde des Sceaux prend la parole dans les médias.

41. …a une appréhension beaucoup moins agréable du mot « revue » que la moyenne de la population.

42. …sait très bien que le droit n’est pas juste.

Jus Cogens : 1. Fiction juridique passe-partout. On en entend parler mais on ne l’a jamais vu, un peu comme l’arlésienne. Voir « Père Noël ». 2. Nom de l’arme ultime du jeune juriste en droit international, un peu comme la Master Sword ou Masamune.

 

L

 

La Haye : Terre sainte du juriste en droit international.

Lucie Valoche : Epouse d’Hervé Valoche, cadre dans on ne sait quel domaine mais souvent en déplacement. Seule personne dont Hervé a peur. S’y connaît en droit international à force d’entendre des discussions dont elle se passerait bien.

 

M

 

Mariah Carey : Artiste Rn’B dont Raoul chante les chansons à tue-tête, roulé en boule sur son lit, lorsqu’il rompt. Voir « Anne-Paquerêtte ».

Météo : Elément déterminant si le juriste doit mettre un pardessus pour se rendre au cabinet / à l’université.

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O

 

Obama : Président des Etats-Unis. On lui pardonne pas mal de choses car il est cool, sait danser le shuffle et a obtenu un Prix Nobel de la Paix.

 

P

 

Pain au chocolat : Attribut essentiel de l’enfant en vertu des conventions internationales. On se le fait parfois voler.

Partiel en droit : Maillon faible géant. Moyen de faire de la place en amphi pour la rentrée suivante.

Pénaliste : Masochiste. Celui qui raconte les affaires les plus gore dans les soirées entre copains juristes.

Père Noël : 1. Règle coutumière dans de nombreuses cultures occidentales. 2. Hors-la-loi.

Piaf : Perroquet offert par Selim à Hervé pour le remercier de ses bons offices. Créature de l’enfer, comme devrait le démontrer un futur billet.

Pierre Valoche : Père d’Hervé Valoche, donc grand-père paternel de Raoul. Créature tyrannique, enseignant à la retraite. On le surnommait « Piervé » dans sa jeunesse, d’où le prénom d’Hervé.

Privatiste : Ennemi du publiciste.

Publiciste : Ennemi du privatiste.

 

R

 

Raoul Valoche : 1. Fils d’Hervé et Lucie Valoche. A différents âges selon les billets. Doté d’une intelligence juridique innée mais dépourvu de bon sens dans les autres domaines de la vie. Est apparemment destiné à devenir un brillant juriste. 2. Figure symbolique de l’étudiant en droit.

Rodez : Ville que semble mépriser Hervé Valoche depuis la survenance d’un évènement humiliant encore inconnu.

 

S

 

Selim : (ou Selim IV du Huberistan) Camarade de lycée de Raoul, venu pour un trimestre d’échange. Fait partie du groupe de copains composé de Raph’ Montclair et Linda Sicaro. Posé et pertinent, il est l’antithèse de Raoul. Est accessoirement issu de la royauté de son pays, qu’il est amené à diriger.

Souveraineté : Thème auquel l’auteur de ce blog refuse de consacrer un billet.

Sport : Hervé Valoche le regarde à la télé (surtout le tennis) mais ne le comprend pas toujours. Voir le cas du rugby.

Spotted : TV Réalité des facultés. Effet de mode semant la terreur parmi les chargés de TD.

Stylo rouge : Arme de destruction massive, attributs génocidaires. A causé la perte de l’auteur de ce blog.

Suzanne Delboeuf : Animatrice de la Matinale de RMT 2. A torturé Hervé Valoche à l’aide de son chroniqueur, Steeve.

Syrie : Truc honteux qu’on devra expliquer à nos descendants dans quelques années.

 

T

 

TBI : Ou « Traité bilatéral relatif à l’investissement » : Deal entre mères à l’occasion des goûters et anniversaires.

Tchernobyl (nuage) : Nuage toxique dévastateur mais respectueux de l’intégrité de la frontière française. Dans le même sens, voir l’incident de l’usine de fromage de chèvre du Huberistan.

Territoire : 1. Maison d’Hervé Valoche. Il y fait à peu près ce qu’il veut. 2. Notion mal maîtrisée par les autorités américaines.

Thèse : Compagne/compagnon du doctorant, en attendant mieux. Voir Thérèse.

Twitter : Lieu découvert récemment par les juristes. Moyen de prolonger les querelles doctrinales entre deux publications de photos Instagram (voir « Instagram », supra).

 

V

 

Van der Carpe : Famille rivale vivant dans le même quartier que les Valoche. On ne connaît pour l’instant que la mère (Morgane) et le fils (Alexandre). Ce dernier a été copain avec Raoul pendant quelques années avant la survenance d’un évènement humiliant...

Vernasi-Paquet : Grande famille de juristes. Trustent différents domaines du droit et semblent avoir des actions dans plusieurs maisons d’éditions. Feraient partie des franc-maçons.

 

X

Xbox : Console d’Herv… de Raoul et Jacques Valoche. Moyen virtuellement sanglant de régler les comptes entre père et fils quand on se lasse de Mario Kart.

 

Z

Zéro : Note éliminatoire. Résultat d’une copie blanche.

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Published by diraoul - dans Pause Valoche
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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 21:57

Ce billet est l'oeuvre d'un de mes anciens étudiants, outré que je ne connaisse pas les règles du rugby et déterminé à pourfendre cette injustice. Qu'il soit chaleureusement remercié pour le temps investi dans ce billet. "Ayé, j'ai compris".

 

« Papa, qu’est-ce que c’est… ».

 

Cette célèbre question, crainte et redoutée par tous les pères du monde (et sans doute ceux d’ailleurs), devient terrifiante lorsqu’ils ne connaissent pas la réponse.

 

Imaginez donc la réaction de Hervé Valoche lorsque son fils Raoul lui demande « Papa, qu’est-ce que c’est le rugby ? ». De vaines et longues années d’études, le savoir tiré de centaines de livres lus, analysés, assimilés, laissent place à une profonde solitude interne… En effet, une fois n’est pas coutume, Hervé ne connait PAS la réponse.

 

N’ayant aucune envie de passer pour un vulgaire Achille Talon (érudit sur tout mais incapable de répondre à une question simple telle que « Quel jour sommes-nous ? »), Hervé esquive admirablement la question par un « Et ta dissertation de droit administratif des biens, ça avance ? »

 

Désireux cependant de ne pas rester invaincu face à son fils, Hervé sollicite l’aide d’une de ses connaissances, Mael, qui accepte bien volontiers de lui expliquer le fonctionnement de ce sport « de brutes joué par des gentlemen » (selon l’adage).

 

Comme tous les sports le rugby a sa légende. La sienne commence avec William Webb Ellis, jeune élève de la Rugby School (dans la ville de Rugby, comme par hasard), des témoins à la fiabilité moindre ayant affirmé qu’il aurait, au cours d’un match de football en 1832, ramassé la balle à la main pour aller l’aplatir dans les buts adverses. La réalité est sans doute différente mais la légende est belle, d’autant plus que, bien des années plus tard en 1987 (année de la première Coupe du monde de rugby remportée par la Nouvelle Zélande… mais nous y reviendrons), l’équipe victorieuse se voit remettre The Webb Ellis Trophy. Un bien bel hommage au « créateur ».

 

rugby1.jpg

 

 

Après cette brève introduction, les choses sérieuses ont commencé.

 

Le rugby Niveau 1 (newbie)

 

Hervé : Je n’ai pas beaucoup de temps… Peut-on définir le rugby en une phrase ?

 

Mael : Erm… c’est difficile, mais on pourrait tenter un : « Le rugby est un jeu qui se joue à 15, et pendant le match les anglais trichent ».

 

Hervé : Cette doctrine me rappelle vaguement quelque chose …

 

Mael : Ne revenons pas sur les mauvais souvenirs de Séville 1982, ce n’est pas le sujet … MAIS SCHUMACHER A CLAIREMENT ATTAQUE BATTISTON !!

 

Hervé : Ah mais non… je faisais plutôt référence à un résumé de la dernière réunion du Conseil de sécurité. Du calme…

 

Bref, le rugby à XV (et on ne parlera que de celui-là), se joue à deux équipes de quinze.

 

Hervé : Logique im-pa-rable…

 

Mael : Difficile de faire plus simple en effet. Cependant, contrairement au foot – ce jeu de lâches anarchistes où le ballon peut aller dans toutes les directions – le rugby impose aux joueurs le contact physique.

 

Et pour cause : les joueurs de l’équipe A ne peuvent pas se situer avant celui d'entre eux qui est porteur de la balle. Pour avancer, l’équipe attaquante se doit donc de suivre / soutenir son porteur de balle.

Contrairement au foot donc, la ligne de hors-jeu ne se définit pas au niveau du dernier défenseur, mais bien de la balle en elle-même.

Contrairement au foot, à nouveau, la balle ne peut être passée d’un joueur à un autre que vers l’arrière. Pour aller vers l’en-but adverse, toute l’équipe doit donc avancer en diagonale afin de pouvoir se faire des passes et déborder l’adversaire. Simple jusque là non ?

 

Hervé : Oui… Vous disiez donc « lâches anarchistes » ?

 

 

Le rugby Niveau 2 (débutant)

 

Hervé : Et comment marque-t-on des points ?

 

Mael : Excellente question, car le but d’un sport est tout de même de gagner…. Même au curling… c’est dire.

 

Le rugby possède deux systèmes de points : les essais et les transformations.

 

Hervé : Deux systèmes de points ? Une approche dualiste comme en droit international ? Mais comment ça ?

 

Mael : J’y viens, ne soyez pas si hâtif Maître Hervé …

 

L’essai consiste pour le joueur de l’équipe attaquante à plaquer le ballon sur le sol de l’en-but adverse. C’est parfois très net quand l’attaquant est seul, parfois un peu plus difficile à voir quand il y a beaucoup de monde… Mais nous y reviendrons.

 

La transformation consiste, elle, à tenter d’envoyer (au pied) la balle entre les montants des poteaux (et au dessus de la transversale). Tout essai donne droit à une tentative de transformation, certaines pénalités aussi… mais là encore, nous y reviendrons …

 

Hervé : Je n’ai pas été aussi paumé depuis que j’ai tenté de comprendre pour la première fois les réserves aux traités.

 

Mael : Enfin, autre possibilité, le drop, à savoir une transformation durant une phase de jeu.

 

Hervé : Les règles de ce jeu sont diaboliques ! Comment compte-t-on ?

 

Mael : C’est très facile, chaque essai vaut 5 points, chaque transformation d’essai réussie en vaut 2.  Un « essai-tranformé » vaut donc 7 points. Les pénalités et les drops en valent 3.

 

Hervé : Les scores peuvent donc être très élevés…

 

Mael : En effet, un match Nouvel Zélande – Japon s’est fini à 145 - 17.

 

Inutile de dire que ce mode de jeu, toujours vers l’avant, favorise des matchs généralement plus rythmés que le foot. De même, les scores peuvent très rapidement changer une victoire en défaite… Encore plus rapidement qu’un France – Italie en 2000.

 

Hervé : Comment cela ?

 

Mael : Bah, imaginez un match serré, à 5mins de la fin, le score est de 22 – 27. Si l’équipe à 22 points mets un essai (+5 points), égalité. Si elle transforme (+2 points), elle gagne le match. La tension est à son comble, et c’est cela qui fait les beaux matches, un retour est toujours possible. En 2007, lors du match de coupe du monde France – Nouvelle Zélande, les Français étaient menés 3 – 13 à la pause. Ils ont finalement gagné par un score de 20 – 18.

 

Hervé : Ce devait être une belle deuxième période.

 

Mael : Non, c’était un beau match !

 

Hervé : Mais comment sont répartis les rôles au sein des équipes ? Tout le monde peut être… n’importe où ?

 

Mael : Bien sûr que non, c’est même très spécialisé. C’est l’objet de mon point infra d’ailleurs.

 

Hervé : Ah !! Infra ! Enfin un terme familier !

 

 

Le rugby Niveau 3 (confirmé)

 

Mael : Les équipes sont très spécialisées : chacun a son rôle, sa tâche, sa fonction.

 

Les premières, deuxièmes et troisièmes lignes par exemple sont des Tanks. Leur rôle est d’attraper l’aggro de l’équipe adverse. Ces lignes se caractérisent comme étant des « beaux bébés » (une centaine de kilo chacun environ). Ils sont appelés les Avants et sont numérotés de 1 à 8. Ils forment la mêlée (cf. infra).

Leur but est donc d’être l’opposition frontale qui stoppent les velléités adverses, ou au contraire d’être les béliers qui déchirent le rideau défensif (notamment le n° 8). Leur troisième rôle peut être de créer un « point de fixation » : pour faire simple, essayer d’immobiliser le plus de joueurs adverses pour créer un surnombre, c’est une « zone de ruck ».

 

rugby2.jpg.gif


Viennent ensuite les demis de mêlée (n° 9) et les demis d’ouvertures (n° 10). Ce sont ceux qui contrôlent le jeu. Le 9 organise, dirige la mêlée (cf. infra). Le n° 10, lui, contrôle et organise le jeu, les phases d’attaques (notamment au niveau des zones de rucks). C’est aussi généralement les 9 ou 10 qui tirent les pénalités et transformations.

 

Ensuite, les centres (n° 12 et 13), qui sont là pour perforer la défense par leur puissance physique. Ils sont grands, gros, et courent vite.

 

Hervé : Grand, gros et court vite. Ça me fait penser à ce ju…

 

Les ailiers (n° 11 et 14) doivent finir l’action engagée par les centres. Ce sont les marqueurs.

 

Enfin, l’arrière (n° 15), doit être assez polyvalent pour passer en attaque le cas échéant. Son rôle principal reste néanmoins de réceptionner le jeu au pied adverse et de faire une relance.

 

 

rugby3.png

 

 

Hervé : Cela fait beaucoup (trop) d’informations à assimiler…

 

Mael : Le plus dur est fait ! Il nous faut néanmoins finir.

 

 

Le rugby Niveau 4 (expert)

 

Mael : Le jeu se déroule donc par phases d’attaques successived (parfois plusieurs dizaines). Courses, rucks, replacement, rucks, replacement, rucks, replacement, percée, ruck etc etc.

 

Hervé : Mais quid des mêlées ?

 

Mael : Les mêlées sont des conséquences de pénalités. Par exemple, une faute de main (essayer de « voler la balle » à l’adversaire dans une zone de ruck sans avoir les deux pieds au sol ; ne pas se dégager d’un plaquage (pour empêcher la formation de la zone de ruck) etc, etc…

Ces types de fautes permettent d’obtenir une mêlée.

 

La composition de la mêlée est la suivante :

 

rugby4.jpg

 

L’équipe ayant obtenu la pénalité insère la balle au milieu puis les deux packs poussent pour garder ou voler la balle. Le 9 (demi de mêlée) guide la mêlée afin qu’elle ne tourne pas. Il existe des règles particulières, mais faisons simple pour le moment.

 

Les touches, quand à elle, se disputent en lignes parallèles, l’équipe ayant obtenu la touche ayant le lancer. Celui-ci se fait au milieu, entre les lignes, et que la meilleure équipe gagne.

Pour obtenir la touche, il faut que le ballon sorte du terrain. Attention, lors du jeu au pied, si le ballon sort directement, la touche à lieu à l’endroit du coup de pied. Si le coup de pied à lieu dans les 22m d’une équipe (un dégagement), l’équipe garde le lancer de la touche.

 

Hervé : Euuuuh

 

Mael : Pas d’inquiétude, après 2 ou 3 matchs, on comprend facilement.

 

 

Le rugby niveau 5 (bonus)

 

Hervé : Ah non ! Pas un niveau 5 !! J’ai déjà du mal à saisir ce qui a précédé !

 

Mael : Certaines actions se produisent parfois et je me dois d'en parler, même si elles sont peu importantes.

 

Hervé : Comme… ?

 

Mael : Le « mark ». L’équipe d’attaque joue au pied et la balle arrive dans les 22m de l’équipe de défense. Là, le 15 rattrape la balle en l’air, et une fois au sol, il crie « mark ! ». Cela provoque un renvoi au 22m (par jeu au pied).

Ceci permet au 15 de faire un « break » dans l’attaque et à son équipe de se replacer.

 

Hervé : D’accord, autre chose ?

 

Mael : Oui. Admettons qu’un joueur de l’équipe de défense soit acculé dans sa zone d’essai, il peut de lui-même aplatir la balle, ce qui provoque également un renvoi au 22.

 

Hervé : Encore une chose que l’on comprend à force de regarder… ?

 

Mael : Exactement.

 

Hervé : Et… vous parliez de la Nouvelle Zélande tout à l’heure, pourquoi ?

 

Mael : Tout simplement car il s’agit là de la meilleure équipe du monde. L’équivalent du Brésil pour le foot. Comme leur couleur est le noir, qu’ils jouent intégralement en noir, on les surnomme les All Blacks.

 

Hervé : Sans blague.

 

Leur haka (la danse polynésienne) est légendaire.

http://www.youtube.com/watch?v=tdMCAV6Yd0Y

Chant guerrier qui justement, annonce le combat à venir.

 

A noter que les Etats du Pacifique sont quand même parmi les meilleures équipes du monde, mais la première division se compose de 10 pays. Les 6 du Nord (le tournois des 6 Nations) que sont l’Angleterre, la France, l’Irlande, l’Ecosse, le Pays de Galles et l’Italie ; les 4 du Sud (le tournois des Tri-Nation (qui en compte 4…)) la Nouvelle Zélande, l’Australie, l’Afrique du Sud et l’Argentine.

 

Chaque équipe a son surnom :

La Nouvelle Zélande : les All Blacks

La France : les Bleus

L’Afrique du Sud : les Springbok

L’Angleterre : Le XV de la Rose

L’Argentine : les Puma (même si sur leur maillot il s’agit d’un Jaguar (pas de Puma en Argentine) petite coquille d’un journaliste sportif à l’époque).

L’Australie : les Wallabies

L’Ecosse : le XV du Chardon

Le Pays de Galles : les Diables Rouges ou le XV du Poireau

L’Irlande : le XV du Trèfle

L’Italie : la Squadra Azzurra  ou les Azzurri

 

 

Hervé : Le « XV du Poireau » ? Et on ne se fiche pas de leur gueule ? Et quid des points forts de notre équipe à nous ?

 

Mael : Et bien, si chaque équipe a sa spécificité, la France s’honore de son « French Flair » ou « le Beau Jeu » (en français dans le texte) comme disent les Anglo-Saxons. Concrètement, le XV français s’est fait connaître par son jeu fluide, élancé, rapide et très offensif. Mais plutôt qu’un long discours, laissons parler les images :

 

Donnée perdante face à l’Australie en demi finale de la première Coupe du monde de rugby en 1987, la France sort son plus beau jeu et marque cet essai => http://www.youtube.com/watch?v=JnzNxVpAXQw&feature=player_embedded#!

 

Mais l’exemple le plus parfait, le plus pur, reste ce qui est surnommé : « L’essai du bout du monde »  (The World’s End Try par les Anglais (qui trouvèrent le surnom)) voir « l’essai du siècle » : 1994, finale de Coupe du Monde, match retour de la finale de 1994. Du camp français à la ligne d’essai Blacks en 36 secondes. Attention, ça va très vite.

http://www.youtube.com/watch?v=KU5udRqi09Q

Bon, l’exploit ne suffira pas …

 

Il est amusant de noter que ce sont les Anglais qui qualifient l’essai de 1994 « d’essai du siècle ». Les autres nations lui préfèrent  le suivant :

http://www.youtube.com/watch?v=UVtk7a1OUI8

Il faut dire que ce superbe essai de Saint-André se fait au détriment des Anglais.

 

Pour conclure, traditionnellement, et comme au foot, la France est belle face aux grandes équipes. Ce qui fait que le XV arrive à battre les Blacks par exemple, comme lorsqu’au foot nous battons le Brésil.

Mais face à d’autres équipes, et par là je veux dire les Anglais, c’est comme si la France perdait ces moyens… Comme contre l’Italie en foot.

Sans se tromper, l’Angleterre et la France sont les meilleures équipes de l’hémisphère nord, et la rivalité millénaire avec notre meilleur ennemi ou notre pire allié (selon le point de vue adopté) se poursuit encore aujourd’hui, notamment à travers le rugby.

 

Une petite vidéo encore, florilège d’essais français, toujours sur le « french flair » :

http://www.youtube.com/watch?v=UVtk7a1OUI8

 

Enfin, pour paraphraser les supporters du XV du Chardon : « I support France and whoever play against England » ;)

 

Billet rédigé par "Mael"

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 23:34

profflash

 

Ceci est une histoire vraie vécue par votre serviteur il y environ six mois. Les faits n'ont absolument pas été romancés et constituent une bonne leçon pour tout chargé de TD non prévoyant.


Bref, j'avais des copies d'examen à corriger (je suis chargé de TD en Droit) et mon stylo rouge – ce vil traître – a décidé de me lâcher en plein milieu de la première copie. On était dimanche et tout était fermé. J'ai fait le tour des épiciers du quartier mais ils n'avaient que des stylos noirs. Stylos noirs. Noirs. Noirs. On aurait dit un cauchemar de Claude Guéant. Un type dans la rue m'a regardé alors que j’avais sans doute l’air paniqué et m'a dit :

 

« Tu veux de la beuh ? »

 

Je lui ai demandé s'il n'aurait pas plutôt des stylos rouges en stock. Il m'a dévisagé comme si j'étais drogué.

J'ai envoyé un sms à mes collègues pour les faire profiter de ma mésaventure ridicule. Ils ont tous validé le fait que c'était une mésaventure ridicule. Un ami-collègue m'a immédiatement appelé et dit :

 

« Je t'en ramène un en moto si tu veux! »

 

J'ai hésité mais ai décliné l’offre pour ne pas abuser de sa bonté. Un autre ami m'a dit : « Passe en chercher un! »

L’ami était à dix minutes en métro. Bon calcul. J'ai dit « J'accours!!!! » (littéralement) et suis donc sorti pas rasé, affublé d’un pantalon naze, d’un T-shirt de pyjama « Washington » et ai pris le métro. Peu importait ma tenue, je partais pour vingt minutes maximum.

 

Que je croyais.

 

Je suis arrivé à destination et ai commencé à attendre mon camarade en bas de l'immeuble. Une dame à l'accent « rebeu » très cliché a alors traversé la rue pour me demander si je pouvais l'aider à déplacer un vieux monsieur, de son lit vers son siège de confort.

 

Ma première voix intérieure a dit « Tu vas mourir ».

 

Ma deuxième voix intérieure a dit « Sérieux, tu vas mourir ! »

 

La dame m'a fait un grand sourire. J'ai dit oui, puis ajouté « attendez une seconde on doit me descendre… un stylo rouge ». Mon camarade est descendu entre temps, m'a filé un stylo rouge en rigolant. Je lui ai discrètement indiqué que je me rendais dans l’immeuble d’en face avec une dame inconnue histoire qu’il sache… au cas où je ne reviendrais pas vivant. J'ai rejoint la dame de l’autre côté de la rue, on est monté dans l'ascenseur direction le 7ème étage et elle a commencé à me raconter sa vie. Je me suis dit que si on me retrouvait mort avec ce T-shirt « Washington » les gens rigoleraient bien.

 

On est arrivés dans l'appartement. J'ai senti une odeur bizarre et mes deux voix intérieures m'ont dit « Tu vois on te l'avait dit ». Elle m'a dirigé vers la chambre de son père. J'ai vu qu'il était en couche. J'ai souri nerveusement. Il m'a regardé bizarrement. J'ai souri normalement. Il a eu l'air rassuré. J'étais mortifié. La dame m'a expliqué comment le déplacer et m'a demandé de bien faire en sorte qu'il ne glisse pas du lit en lui soutenant le bassin pendant qu'on le déplaçait. Premier contact avec une couche pour adulte. Le « vieux » n’était pas d'humeur. Sa fille l'a grondé. Il s'est braqué. Il m'a regardé l'air de dire « C'est toujours comme ça avec elle ! ». Elle m'a dit : « Soutenez-le bien au niveau du dos ». J'ai vu que la couche faisait mine de glisser et j'ai intérieurement hurlé :

 

« Nooooooooooooon ! ».

 

La couche a miraculeusement tenu. On a réussi à l'asseoir. Je me suis rappelé que j'avais un stylo rouge dans la poche, une montagne de copies à corriger et j'ai fait :

 

« Bon baaaah.... »

 

La dame m'a raconté la vie du vieux. Je lui ai demandé comment elle faisait d'habitude pour le déplacer. Erreur fatale : elle m'a encore plus raconté sa vie et expliqué qu'en temps normal il arrivait à marcher un peu. Le vieux soupirait d'ennui. Elle m'a dit que si je n'étais pas pressé le vieux pourrait peut-être faire quelques pas pour me montrer. Elle m'a demandé si j'étais pressé. J'ai dit : 

 

« Oui... un peu... enfin... ».

 

Elle a demandé au vieux s'il voulait faire quelques pas. J'ai pensé « DIS NON ! DIS NON ! ». Il a dit oui. On a dû le remettre debout pour qu'il fasse quelques pas. Il a marché. Il avait l'air content. Elle avait l'air content. J'étais donc content.... jusqu'à ce que je voie qu'il fallait qu'on le soutienne de nouveau pour le ramener à sa chaise. « Enfer, encore la couche ».

 

J'ai demandé si elle avait encore besoin de moi. Elle m'a remercié, dit qu'elle m'avait repéré en train d'attendre dans la rue et s'est dit que c'était à moi qu'il fallait demander de l'aide parce que j'avais l'air souriant. J'ai été flatté. Puis j'ai essayé de me rappeler ce que je faisais dans la rue à attendre comme un con quand elle m'avait repéré. Le stylo!

 

Je venais de passer une heure dans un appartement inconnu avec une dame inconnue et un vieil inconnu en couche-culotte. Le temps de rentrer j’en aurais perdu deux (des heures). En somme aucune copie corrigée ce soir. J'aurais pu attendre le lundi matin pour un stylo.

 

Bref, mon stylo rouge m'a lâché.

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 21:23

Face à la faiblesse de la France, Nation irresponsable, qui en n’étant pas réceptive au spleen de ses artistes les mieux lotis risque de compromettre son rayonnement international et de perdre la frange la plus productive de sa population.

 

Face à l’incompétence des médias nationaux français, lesquels manquent de rigueur et de professionnalisme en ne détaillent qu’heure par heure le flux migratoire des élites artistiques françaises, là où un suivi au quart d’heure eût été plus conforme aux prescrits internationaux.

 

Face à la détresse de la Communauté internationale, laquelle se réjouit d’accueillir bientôt un flux massif de people français mais reconnaît avec embarras ne pas disposer des armes nécessaires pour préparer le digne accueil de ceux-ci.

 

Conscient de la responsabilité qu’a ce blog en termes de sensibilisation du public au droit international.

 

Propose cette série de mesures :

 

- L’extension du mandat de l’Organisation internationale pour les Migrations grâce à la création d’un organe spécifique dont la fonction sera de développer des standards de protection dans le domaine de la migration des élites. Une task-force pourra, à ce titre, être constituée afin de déterminer la mission première de ce nouvel organe ainsi que sa dénomination.

 

- Dans la foulée de la création de ce nouvel organe, le développement du concept de « réfugié artistique » pour les élites contraintes de quitter le pays dont elle ont la nationalité ou dans lequel elles ont leur résidence habituelle, par crainte d’être persécutées du fait de leur revenu excessif, syndrome de la page blanche, défaut de vitrine médiatique, déception suite à l’élection d’un président du parti opposé, addiction pour la marque Louboutin, accointances dictatoriales, anatidaepohibie, et qui ne peuvent ou ne veulent se réclamer de la protection de leur pays ou y retourner en raison de ladite crainte.

 

- La mise en place de recommandations ciblées à l’encontre de la France afin de favoriser la couverture réactive par les médias de tout flux migratoires des élites. La constitution d’antennes AFP au sein de chaque Préfecture de Police apte à délivrer des passeports, ainsi qu’un partenariat renforcé entre rédactions et ambassades/consuls étrangers, devront être privilégiés.

 

- La mise en place de procédés de vote ou de consultation populaire permettant la désignation, tous les six mois, d'élites méritantes qui seront, immédiatement et par frêt collectif, envoyées à l’étranger afin d’y subir un traitement plus favorable.

 

Déclare demeurer saisi de la question...

 

... ou pas.

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 01:30

scared-santa-2.jpg

 

Grand désarroi a frappé à ma porte lorsque mon fils Raoul (9 ans) est revenu de l’école en m’assénant, d’une voix larmoyante :

 

« TU ES UN MENTEUR ! »

 

Je dépose ma manette… mon journal de stupeur et écarquille les yeux face à cette dénonciation calomnieuse. Ma chère et tendre, que j’interroge ensuite du regard, hausse les épaules pour me signifier son incompréhension. Je demande alors quelle est l’origine de cette cabale, ce à quoi Raoul répond qu’Alexandre Van Der Carpe, le fils d’une de nos voisines, lui a raconté que : 

 

1) le Père Noël n’existe pas ;

2) en admettant qu’il ait jamais existé, il a trépassé en Turquie au IVème siècle puis été victime de profananation (sic) « trois ou quatre siècles plus tard » lorsque des marchands italiens (toujours eux) ont volé sa dépouille puis dispersé ses os à travers l’Europe ;

3) qu’en tout état de cause il est prouvé que c’est une administration – par définition incompétente – de la commune de Libourne qui se charge de répondre aux lettres des enfants, s’appuyant sur un modèle rédigé en 1962 par la mère du chanteur Carlos.

 

Raoul conclut de façon magistrale en soulignant que nous l’avons dupé durant des années, que sa confiance en l’Humanité est désormais égratignée comme le vernis de notre table basse et qu’il eût mieux valu que l’Armageddon se fût abattue sur nos têtes de païens (sic).

 

Ma chère et tendre soupire. Je lève les yeux au ciel. La peste soit des enfants qui apprennent à utiliser Wikipedia puis vont répandre leur savoir fraîchement acquis dans les cours de récréation aux dépens de leurs comparses crédules (donc malléables). Mon fils doit être l’un des rares enfants du pays à croire encore au Père Noël à un âge si avancé, et j’entends bien préserver cette foi (jusqu’à présent) inébranlable afin de pouvoir blâmer le vieux barbu pour toutes mes bévues.

 

« Alexandre Van Der Carpe ne sait absolument pas de quoi il parle, le Père Noël existe bel et bien. C’est juste que… [Froncement de sourcils, air solennel] il faut continuer à faire circuler la rumeur selon laquelle il n’existe pas… pour le sauver du gouvernement et prévenir les conflits entre Etats. »

 

Ma chère et tendre recrache violemment son coca et manque de s’étouffer. Je continue le récit – dont je ne connais pas moi-même la fin – après avoir constaté qu’un éclair d’intérêt a traversé le regard de Raoul.

 

« Il faut déjà savoir que le Père Noël fait l’objet de suspicion dans notre pays… voire même de nombreux chefs d’accusation ! Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le fait de passer par la cheminée ne légitime nullement le fait d’entrer dans la maison des bonnes gens durant la nuit, même sous prétexte de leur offrir des cadeaux. C’est comme quand ta grand-mère maternelle vient nous voir sans prévenir et que je refuse de lui ouvrir la porte en invoquant la violation de la propriété privée. Sans oublier le fait que les enfants font l’objet d’une attention assez malsaine de la part de ce vieillard. Soyons honnêtes, comment fait-il pour savoir ce que vous faites tout au long de l’année ? Comment sait-il que vous avez fait des bêtises ou que vous avez été sages ? Même moi je ne sais pas tout de tes actes (Dieu m’en préserve) car je ne suis pas toujours derrière toi, ce qui implique que lui vous observe en permanence. Ajoute à ça le problème récurrent de l’excès de vitesse : même si on n’arrive pas à le choper en flagrant délit on se doute bien que le bougre circule à plus de 240 km alors qu’il n’a pas d’immunité diplomatique ou consulaire. Et c’est quoi ce délire d’avoir une identité différente dans chaque pays ? Santa Klaus ? Saint Nicolas ? Julenissen ? C’est à se demander combien de passeports il a volés. Usurpation d’identité ! Heureusement les policiers et les juges ont des scrupules, ils n’osent pas trop agir…, ils tolèrent ce comportement parce que les enfants du monde entier sont ses alliés et infligent une pression terrible à leurs parents, mais… Ils ne peuvent pas systématiquement fermer les yeux. Bref, le Père Noël a plein de problèmes ici. »

 

santa claus

 

Raoul me dévisage d’un air horrifié.

 

« Et bien tu sais quoi ? C’est encore pire au niveau international ! On est au bord de la Troisième Guerre mondiale à cause du Père Noël. Par exemple, le fait qu’il traverse l’espace aérien de plusieurs Etats sans solliciter leur autorisation préalable est extrêmement gênant pour la diplomatie. Son survol des îles Senkaku-Diaoyu il y a quelques jours, après un passage en Corée du Nord, a…

- Pourquoi est-il allé en Corée du Nord avant Noël ?

- Parce… qu’il est allé… faire un repérage dans l’éventualité… où la fin du monde surviendrait effectivement avant Noël. Oui, c’est ça : il envisageait une distribution anticipée de cadeaux (Ma femme me regarde comme si j’étais devenu fou). C’est compliqué. D’ailleurs le Père Noël a esquivé de justesse la fusée lancée par Kim Jong-un !

- NOOON !?

- Si. Les rennes étaient sacrément à cran. Eclair, Tonnerre et Fougueux ont même failli se mettre en grève reconductible. Bref, après cette mésaventure ils sont passés au-dessus des îles Senkaku-Diaoyu pour rentrer et les japonais ont cru qu’il s’agissait encore d’un avion chinois… à cause de la lumière que faisait le nez rouge de Rudolphe. L’armée japonaise a alors envoyé huit chasseurs F15 Eagle pour pourchasser le Père Noël. Le pauvre vieux a dû voir sa fin approcher, heureusement qu’il a le cœur solide. On lui cause aussi beaucoup de tracas à cause des lutins. Plusieurs Etats sont persuadés qu’il s’agit d’enfants qu’il fait travailler dans des conditions indignes et non conformes aux dispositions des conventions internationales, ce avec la bénédiction de la Norvège où se trouve son atelier. Du coup ils veulent invoquer la CIDE et…

- Attends, je croyais que le Père Noël vivait en Laponie ? Je crois que c’est en Suède ou en Finlande la Laponie, non ? »

 

Enfer ! Quelle folie d’enseigner la géographie à des enfants si jeunes !

 

« Précisément ! Comme je te disais on est au bord de la Troisième Guerre mondiale !! Plusieurs Etats revendiquent la propriété du village du Père Noël : les canadiens, les suédois, les finlandais, les américains, même les turcs (rapport à cette histoire d’os du XIème siècle… sur laquelle je n’ai vraiment pas intérêt à revenir). Il paraît que l’affaire pourrait atterrir devant la Cour internationale de Justice mais, d’après ce qu’on m’a dit, les juges ont ricané lorsque la Suède a soulevé l’argument d’un titre territorial historique portant sur un village introuvable sur la carte et peuplé par un vieillard, huit rennes et une trentaine de lutins. Bref, bref, bref… le Père Noël a décidé de préserver l’harmonie de la société internationale et un accord a été trouvé avec les Nations Unies.

- Vraiment ? Les Nations Unies ?

- Oui. L’Assemblée générale a adopté une résolution juste après celle qui reconnaissait le statut d’Etat observateur non membre à la Palestine. Le texte prévoit que les Etats diffuseront progressivement la nouvelle selon laquelle le Père Noël n’existe pas et amplifieront la présence de faux Pères Noël dans les centres commerciaux afin de donner le change. Pendant ce temps le vrai agit undercover et un secrétariat situé à Libourne, en Gironde, assure les tâches courantes pour le couvrir. Tu imagines bien que Ban Ki-Moon se frotte les mains face à une telle entreprise, surtout que tous les imbéciles se font avoir et répandent l’information. D’ailleurs, regarde ce que dit la lettre qu’envoient les gens de Libourne aux enfants :

 

"Mon enfant chéri, ta gentille lettre m'a fait beaucoup de plaisir. Je t'envoie mon portrait. Tu vois, le facteur m'a trouvé, il est très malin. J'ai reçu beaucoup de commandes. Je ne sais pas si je pourrai t'apporter ce que tu m'as demandé. J'essaierai, mais je suis vieux et quelquefois je me trompe. Il faut me pardonner. Sois sage, travaille bien, je t'embrasse fort."


Tu vois ? La lettre dit « le facteur m’a trouvé, il est très malin » puis « je ne sais pas si je pourrai t’apporter ce que tu m’as demandé ». La formule est louche mais tous ceux qui suivent un peu l’actualité du droit international savent très bien ce qu’il en est. Tu m’étonnes que ce petit crétin de Van Der Carpe soit tombé dans le panneau, son père est banquier. Mais toi, Raoul, fils d’un juriste internationaliste, tu ne saurais te faire abuser aussi facilement… n’est-ce pas ? »

 

A ce stade de mon récit, mon état de sudation annonce une déshydratation létale.

 

« Ha ha, bien sûr que non papa ! Je savais que ce n’était pas possible ! Si le Père Noël n’existait pas, comment les parents feraient pour continuer à acheter des cadeaux à leurs enfants alors qu’à la télé ils disent que c’est la crise ? Il est trop bête Alexandre ! Mais j’ai bien compris, je vais faire comme si je le croyais. Le jour où le Père Noël sortira de sa couverture eunedeurcoveur il récompensera ceux qui ont cru en lui. Alexandre n’aura que des noisettes et il sera tellement jaloux qu’il en deviendra rouge et mourra de haine.

- Comme tu dis.

- Tu penses qu’il va quand même pouvoir récupérer ma Wii-U le Père Noël ? Ca a l’air risqué d’aller au Japon en ce moment, surtout s’ils l’ont déjà grillé la dernière fois…

- Va savoir. On sera fixés le 25. »

 

Raoul acquiesce d’un air pensif, produit un petit rire suffisant et monte dans sa chambre tandis que ma chère et tendre me toise d’un œil torve.

 

« Et Joyeux Noël bien sûr », dis-je en faisant mine de ne rien avoir remarqué.

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 23:50

Chère maman,

 

Non, tu ne rêves pas. C’est bien moi, Hervé. Cela fait longtemps que je n’ai point donné de nouvelles et je m’en excuse. Comment vont les chats ? Et Matthieu ? Je crois savoir que, loin d’être affligé par la distance qui nous sépare, ce petit crétin a annexé ma chambre afin d’y pratiquer sa « musique ». Soit. Qu’il continue, je n’y vois pas d’inconvénient. Demande-lui simplement de remplacer les vitres après ses sessions.

 

Aujourd’hui je vais te parler un peu de Thérèse car, comme tu as pu le constater, ma vie avec elle prend une tournure des plus étranges ces temps-ci. Il faut bien reconnaître que l’âge d’or de notre relation est révolu.

 

liv tyler 1

 

Au début, comme nous l’assènerait cet imbécile de Pangloss, « tout était pour le mieux dans le meilleur de mondes possibles ». Notre relation me comblait, tout en elle me paraissait beau et agréable. Je pouvais assurément vivre d’amour et d’eau fraîche. Une aubaine dans la mesure où la « carafe d’eau » deviendrait rapidement le seul breuvage accessible à mon portefeuille… mais je n’en avais cure. Ordre, beauté, luxe, calme et volupté (© Baudelaire). Ma situation était confortable, je vivais encore chez vous et disposais par ailleurs d’un financement décent pour assurer nos besoins à tous les deux. La famille était enthousiaste à l’idée de voir enfin l’un de ses membres battre le record du cousin Etienne : Bac +2 (certes, il avait triché à tous ses examens mais avait eu l’audace de le faire au-delà du baccalauréat). Mes amis disaient même de Thérèse que c’était une fille formidable et qu’ils étaient fiers de mon audace. Animé par une passion et une discipline inégalées, je passais régulièrement du temps avec elle : lecture, discussions, réflexions élevées. Nous étions capables de discuter jour et nuit sans discontinuer. Aaaah, qu’ils étaient beaux ces six premiers jours avec elle.

 

Je suis hélas très rapidement tombé dans les travers de ces débuts de relation. Vivre avec Thérèse signifiait également subir ses nombreux à-côté. Vivre à côté de Thérèse, finalement. La négliger pour son propre bien, à mon corps défendant, soucieux de lui faire miroiter une belle vie. J’ai donc multiplié les activités : enseignements, articles et travaux de recherche m’éloignaient de plus en plus souvent de la maison sans pour autant assurer ma pérennité financière. Thérèse ne disait pas grand’ chose et n’en pensait pas moins. Elle m’observait quotidiennement, retranchée dans un coin du salon, l’œil accusateur. Les rares moments que nous passions ensemble étaient à la fois jouissifs, fades et amers.

 

J’ai réalisé au bout de deux ou trois ans que mon train de vie s’était bien plus dégradé que je ne le pensais : essayant de lui consacrer mon peu de temps libre j’ai arrêté le sport et la plupart de mes activités sociales (mes amis de l’Amicale de curling me font encore la tête). Mon cercle d’amis s’est restreint. Ma stabilité financière s’est progressivement effritée sous l’effet conjugué des caprices de la belle et de mon besoin impérieux de sortir avec les potes pour « décompresser ». Las. La décompression n’était jamais complète. Lorsque je m’éloignais d’elle plus d’une heure une culpabilité envahissante s’emparait de moi, comme si la bougresse avait trouvé le moyen de posséder mon âme à distance. C'était encore pire lorsque nous avions le malheur de partir ensemble en vacances (encore que partir en vacances avec Thérèse relève presque de l’oxymore).

 

Nous avons traversé des périodes difficiles au cours desquelles, animé par un esprit de vengeance ou de lassitude – je n’ai jamais trop su – je l’ignorais pendant des semaines, à grand renfort de fictions télévisées ou de virées collectives. Pire, pourtant conscient de sa présence dans l’appartement j’affectais d’être occupé par diverses tâches essentielles, telles que le passage de la serpillère, le dépoussiérage impérieux du meuble télé ou le classement de mes ouvrages par ordre alphabétique d’éditeur. Tout pour ne pas lui parler, repousser le moment fatidique où nous devrions nous retrouver face à face et régler nos comptes. Avec le recul je ne la trouvais plus si belle.

 

Les amis et la famille semblaient avoir pris acte de l’étrangeté nouvelle de cette relation. C’est avec une certaine gêne qu’ils me posaient les questions auxquelles ils savaient que je n’avais pas envie de répondre : « Tu en es où avec Thérèse ? », « Cette relation vous mène-t-elle quelque part ? », « Ça fait un moment que vous êtes ensemble, il serait peut-être temps d’officialiser ? », « Que ferez-vous si ça tourne mal ? ». Mon malaise était sans doute encore plus perceptible lorsque je rencontrais des collègues qui me décrivaient leur propre relation. D’où sortaient ces prodiges de l’amour, capables de « plier » leur relation en trois ans et d’engager de belles noces ? M’étais-je engagé trop rapidement avec elle ? Peut-être était-ce moi le problème ? Chaque année, presque à la même période, je remettais en cause notre relation mais la renouvelais avec force dépenses, pour donner le change. Je m’amuse encore aujourd’hui de ce racket que je m’impose périodiquement (peut-on le qualifier autrement lorsqu’il n’y a pas de contrepartie ?).

 

Notre conseiller conjugal est intervenu à plusieurs reprises. Un personnage particulier ce monsieur, j’ai parfois l’impression qu’il est une composante essentielle de ce qui est désormais devenu un ménage à trois. Je ne suis pourtant pas certain de son objectivité. Certes, il  fait en sorte de garder une certaine distance et ne s’immisce pas outre mesure dans mes rapports avec Thérèse, mais quelque chose dans son regard inquisiteur me laisse entendre que, à ses yeux, tout dépend de moi. Plus nous le consultons, plus cette conviction se fait tangible. Parfois pourtant il s’en prend à elle en lui reprochant de ne pas être équilibrée, de ne pas être claire, de ne pas faire d’efforts. Je m’insurge étrangement à l’occasion de ces invectives, comme si mon instinct de protection sortait d’une longue hibernation.  


Je ne sais pas trop quoi penser de tout ceci. Toujours est-il que nous avons décidé de prendre les choses en main. Thérèse et moi devons reconstruire notre relation pas à pas, lentement mais sûrement. Passer le plus de temps possible ensemble tout en éliminant la superficialité qui a dominé le début de notre relation. L’objectif est fixé. Le délai aussi. Nous nous donnons un an pour officialiser ou se quitter bons amis.

 

Ce n’est pas une sinécure. Passer du temps avec elle durant cette phase d’ascèse restructurante risque de mettre en péril certaines amitiés et certains liens familiaux, d’autant plus que de nombreuses personnes dans notre entourage ne comprennent pas ce que je fais avec elle jusqu’à présent. J’en ai conscience mais je prends le risque. Les moments de victoire que Thérèse et moi partageons, de plus en plus régulièrement, me laissent penser que nous sommes sur la bonne voie. D'autres y arrivent, pourquoi pas nous ? Advienne que pourra.

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 13:53

Ce billet est une réponse amicale à la contribution drôlissime d'E. Netter, du blog-cousin "Un Peu de Droit". Sa lecture, indispensable, peut être faite ici.

J’apprends à l’instant grâce à un confrère interniste – nul n’est parfait – qu’un projet de réforme, sans doute pétri de bonnes intentions, vise à accorder au pain au chocolat le statut qui lui sied en droit français. Il s’agirait d’une modification mineure de certaines dispositions constitutionnelles (l’art. 2 de la C58 se verrait greffer un nouvel alinéa) et à des ajouts plus substantiels dans le Code pénal. Nul doute que ce ramdam (et non pas « ramadan », je ne veux pas d’ennuis) incitera la population française à se déplacer massivement vers les urnes si la voie référendaire est privilégiée.

Rappelons pour contextualisation le scandale décelé par un brillant politicien français cette semaine : selon un rapport (non encore publié) étayé par les statistiques les plus édifiantes, des enfants français résidant dans certains quartiers vivraient dans le dénuement le plus total, ce en violation claire des dispositions de la Convention internationale des droits de l’Enfant (CIDE) de 1989. Vous n’êtes en effet pas sans savoir que ce traité…

Raoul : Papa, j’ai faim ! On déjeune quand ?

Moi : Silence, je travaille.

Raoul : Mais j’ai faim !!

Moi : Les enfants rom aussi donc arrête ou je t’expulse du salon.

…vous n’êtes pas sans savoir que ce traité affirme dès son préambule « qu'il y a dans tous les pays du monde des enfants qui vivent dans des conditions particulièrement difficiles, et qu'il est nécessaire d'accorder à ces enfants une attention particulière », d’où une série de dispositions visant à accorder à cette catégorie d’individus une protection spécifique… qu’ils soient ou non de la nationalité de l’Etat partie (*cough* Manuel Valls *cough*). On ajoutera par ailleurs que la jurisprudence française, bonne pâte, a reconnu dans ses versants judiciaire et administratif l’applicabilité directe de certaines dispositions de la CIDE en droit interne (Conseil d’Etat, arrêt Cinar, 22 sept. 1997 ; C.Cass, 1re Civ., 18 mai 2005), notamment l’article 3-1 dont nous reproduisons les termes :

« Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. »

Bien que je déplore qu’il n’en soit manifestement pas de même pour l’art. 2-2, particulièrement approprié ici (« Les États parties prennent toutes les mesures appropriées pour que l'enfant soit effectivement protégé contre toutes formes de discrimination ou de sanction motivées par la situation juridique, les activités, les opinions déclarées ou les convictions de ses parents, de ses représentants légaux ou des membres de sa famille. »), force est de constater que les autorités françaises ont à cœur de protéger « l’intérêt supérieur de l’enfant » ainsi que tous ses accessoires.

Or, comme le relève justement mon confrère suite aux propositions de notre brillant politicien, il semble que le pain au chocolat soit désormais accessoire de « l’enfant » et qu’il faille trouver une place à ce nouvel attribut de la personnalité juridique dans les textes applicables. On peut alors suggérer l’ajout d’une mention à l’article 1er de la CIDE :

« Au sens de la présente convention, un enfant s'entend de tout être humain [affublé d’un pain au chocolat,] âgé de moins de dix-huit ans, sauf si la majorité est atteinte plus tôt, en vertu de la législation qui lui est applicable. »

La formule – composée hâtivement – nous semble laborieuse et il conviendra d’y accorder le plus grand soin lors de consultations opérées en présence de spécialistes de la question.

Demeure un obstacle essentiel que notre confrère interniste semble occulter dans la section « Proposition de décret » de son propos pourtant si élaboré : Les rédacteurs de la CIDE, oublieux de tous les aspects essentiels de la définition de l’enfant, ont fait preuve de négligence en n’élaborant pas de définition du pain au chocolat. Le droit international ne saurait se fier aux droits internes – incompétents par essence – pour l’élaboration d’une telle définition, au risque sinon de voir s’opérer des transsubstantiations variables d’une Etat à un autre.

Votre serviteur souhaite rappeler que la France est membre de l’OIC (Organisation internationale de la Chocolatine) créée en 1992 suite au soulèvement des boulangers de Vladivostok et aux heurts qui ont suivi dans toute la région (les manuels d’Histoire qualifient cet évènement de « Fronde Feuilletée »). L’une des fonctions de l’OIC, désormais forte de 56 Etats membres, est d’élaborer les standards techniques applicables aux membres de la profession sur le territoire des Etats.

La France est par ailleurs partie au traité constitutif de cette organisation, lequel définit clairement le pain au chocolat/chocolatine à son article 2. Moult précisions de calibrage permettent d’éviter le fléau d’une confusion avec les choco-suisses ou, pire, les Kango, la caractéristique primordiale de la « pâte feuilletée » (art. 1-a) étant absente dans ces ersatz sataniques créés par la marque Lu. On rappelle en outre que c’est grâce à cette convention que le maxi pain au chocolat (ou « chocolatine double ») a pu se répandre – de manière licite – dans les cours de récréation françaises, suite aux consultations opérées lors du 7ème Forum de Plougastel.

Conformément à une pratique bien établie du droit international, un Etat ne saurait se prévaloir de ses dispositions internes, même constitutionnelles, pour justifier le non-respect de ses engagements internationaux. La France ne peut donc pas, à l’occasion de cette réforme, violer les prescrits de la charte de l’OIC, au risque de subir le même sort que l’Autriche. J’émets ainsi les plus grandes réserves quant au propos de mon confrère, lequel imagine l’assimilation du choco-suisse à un pain au chocolat stricto sensu, donc à un élément accessoire de l’enfant. Le bien-être des enfants (français) ne saurait être évalué autrement, comme l’a bien relevé le politicien précité.

Je préconise donc pour cette réforme un renvoi aux textes internationaux pertinents et incite l’initiateur de cette proposition à ne pas instrumentaliser cette merveilleuse « viennoiserie » pour graisser la patte de certains groupes (qu’ils soient adeptes du choco-suisse ou de l’islamophobie) et ainsi faire lever la pâte.

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 20:41

À l'occasion du premier anniversaire du blog, c'est un Hervé Valoche fatigué et plus timide que d'habitude qui a été invité à La Matinale de RMT 2, présentée par Suzanne Delboeuf et Steve le chroniqueur. S'il avait su, il ne serait pas venu. 

Exceptionnellement, ce billet ne se lit pas mais s'écoute :)

Bebel Gilberto, Roudoudou, Tchaikovsky, Masashi Hamauzu contribuent à l'habillage musical de l'émission.

 

Cliquez sur le lien ci-dessous pour l'écouter

 

http://soundcloud.com/hvaloche/herv-valoche-la-matinale-de

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Soyez Les Bienvenus!

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Voyez aussi le projet de recherche de l'ULB Droit international et Cinéma et ses analyses de films et séries (dir. Olivier Corten et François Dubuisson).

Contributeurs

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Ont contribué à ce blog, en leur nom propre ou sous pseudonyme :

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Sébastien
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Stocri
Sur, Serge
Thibault
Thomas
Valoche, Hervé

 

Merci à tous ces enseignants, étudiants et amis du droit international !